lundi 24 janvier 2011

Soul kitchen - Un gros point d'interrogation

Réalisé par Fatih Akin, réalisateur allemand d'origine turque, Soul Kitchen nous laisse pantois. En effet, Akin nous avait habitués à des films très intenses (le road movie particulier Julie en juillet, Head-on, histoire d'amour déchirante ou encore De l'autre côté, qui s'intéressait au sort des immigrants turques en Allemagne, et qui avait gagné la Palme du meilleur scénario au Festival de Cannes). Ces films ont tous un très lourd potentiel dramatique. Ils sont même, parfois, difficiles à supporter tant ils sont violents et témoignent d'une réalité particulièrement crue.

Bien que la réalité ne soit pas 'jojote' pour les personnages dans ce film, le scénario ressemble plus à un exercice de style qu'à autre chose. On y suit les aventures d'un jeune homme (joué par Adam Bousdoukos, que je n'avais jamais vu) dont le restaurant, nommé Soul Kitchen, est en difficulté. En même temps, la vie personnelle de cet homme se désorganise complètement lorsque sa copine part vivre en Chine, que son frère sort de prison et qu'il se brise le dos, cela le forçant à engager un nouveau chef cuisinier, qui transformera pour de bon l'ambiance et la nourriture du resto. Voilà pour le synopsis.

Que penser de tout ça? D'abord, Soul Kitchen est le titre d'une chanson de The Doors. Lorsqu'on en écoute les paroles, on en découvre la base du scénaio du film: la nourriture qui nourrit l'âme, les problèmes de couple, l'alcool, la cigarette...
De plus, le héros du film est organisé physiquement comme Jim Morrison (coupe de cheveux, costumes). Pourquoi cette référence? Nul ne le sait...

Puis, bien que sympathique, le scénario part tellement dans toutes les directions qu'il n'a aucun sens. De plus, à mon avis, c'est tout sauf drôle, et les tentatives burlesques des acteurs pour nous faire rire sont même assez pathétiques. Beaucoup de critiques ont parlé d'un humour décapant... Je ne vois pas du tout où ils ont détecté une telle chose. Est-ce lorsque le chef met un aphrodisiaque dans la bouffe? Est-ce lorsque le personnage se fait casser le dos par un gros monsieur dégoulinant de sueur? C'est plutôt dépassé et cliché que décapant tant qu'à moi.


Il se dégage tout de même de ce film une atmosphère particulière bercée par une bande originale très intéressante (souvent Live - il y a la plupart du temps un groupe qui joue de la musique dans le resto!). Mais la question que l'on se pose, c'est: Qu'est-ce qu'a bien pu vouloir faire Akin? Nous raconter des souvenirs de jeunesse? Faire un exercice de style en faisant improviser les acteurs et en ne construisant pas la psychologie de ses personnages au préalable?

Je crois que l'essai est raté, et que le film est plus ou moins ennuyant. En fait, c'est comme si on attendait toujours la bonne blague, le bon dialogue... et qu'il n'arrivait jamais.

Si vous n'avez pas peur des longueurs et que vous adorez Fatih Akin et que, du coup, vous ne me croyez pas, allez-y. Sinon, je vous conseille de vous abstenir.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire