lundi 31 janvier 2011

Deux très bons films à louer...

Mary & Max, film d'animation d'Adam Elliot, est vraiment touchant, voire triste. Cette histoire relatant la vie d'une petite fille issue d'un milieu prolétaire australien qui entretient une correspondance durant plus de 20 ans avec un new-yorkais atteint du syndrome d'Asperger est fascinante, et la relation entre ces deux êtres particuliers est dépeinte de façon très originale, tant sur le plan graphique que scénaristique.

Portés par les voix de Philip Seymour Hoffman et de Toni Collette, les personnages se livrent l'un à l'autre avec parfois beaucoup d'inconscience et d’insouciance, sans aucune retenue. Une enfant perturbée dont les parents sont absents (physiquement ou psychologiquement) et un homme complètement asocial qui compense les lacunes dues à son immense solitude en ingurgitant de la nourriture se trouvent par hasard et développent une complicité à distance. Deux êtres rejetés de tous qui se posent des questions sur le sens de la vie, de la mort, de la maladie, de l'amour. C'est très intense par moments, mais parsemé de moments d'humour très réussis.

Autant le dire, nous sommes ici bien loin de l'univers de Disney. Le film dépeint crûment une réalité très difficile, des vies moroses et sans joie dans lesquelles les seules parcelles de bonheur arrivent sous forme de lettres et de chocolats. Mais le film est aussi très charmant et drôle. En fait, bien que je me sois effondrée en larmes au cours du visionnement, ce qui me reste en tête est plutôt le charme des personnages et la justesse de leur regard sur le monde, bien que naïf et sans nuances.

C'est aussi un film sur l'amitié, sur le lien extrêmement fort qui peut unir deux personnes sans même qu'elles se soient jamais rencontrées. Une oeuvre forte. À voir...



Un autre film à voir, dans un tout autre registre: The Town, réalisé par Ben Affleck. Franchement, j'ai trouvé ce film enlevant, plein d'inventivité sur le plan de la réalisation et d'une authenticité impressionnante.

Ben Affleck a selon moi vraiment trouvé sa voie en faisant de la réalisation plutôt qu'en jouant l'acteur, ce qui lui réussit plus ou moins bien. En effet, j'avais aussi bien aimé son premier film, Gone Baby Gone. Dans le film qui nous occupe, excellent thriller, Affleck dépeint avec beaucoup d'inventivité la vie d'un quartier pauvre de Boston nommé Charlestown. Dans ce quartier, tous sont amis ou proviennent de près ou de loin de la même famille. Ce qui fait que les alliances se transmettent de génération en génération et qu'il est assez difficile de sortir comme d'entrer dans ce monde particulier.

Adapté du livre Prince of Thieves de Chuck Hogan, le film raconte l'histoire d'une bande de durs à cuire braqueurs de banque qui font la pluie et le beau temps à Boston. Ils fonctionnent en groupe de quatre, et travaillent pour un vieux de la vieille (le dernier rôle de Pete Postlethwaite) qui fonctionne selon des codes archaïques rappelant les films de mafia des années 70.

Sauf que l'un de ces vols tourne mal, et le groupe se voit obligé de prendre une employée en otage (Rebecca Hall, qui jouait dans Vicky Christina Barcelona). Ils la laissent partir, mais l'un des leurs se doit de la surveiller pour savoir ce qu'elle raconte à la police. C'est ainsi que Doug (Affleck) s'éprendra de cette femme, et développera une relation avec elle en omettant, bien sûr, de lui faire part de sa véritable identité.

Cette ligne directrice est selon moi l'aspect le moins intéressant de ce film. Car autour de cette histoire d'amour, la vie difficile des quartiers chauds, l'accent emprunté par les personnages, les liens de filiation, le thème de la trahison, les personnages secondaires et, oui, les scènes de vol de banques (toujours fascinant de voir la façon dont ils s'y prennent) sont tant de tentacules explorées intelligemment.

Outre Ben Affleck, qui s'est donné le premier rôle, les acteurs offrent tous des compositions très réalistes. D'abord, Jeremy Renner (The Hurt Locker) vole la vedette dans toutes ses scènes, tant il semble toujours prêt à exploser. Le tempérament bouillant et imprévisible du personnage est extrêmement bien rendu par l'acteur, qui a vraiment le visage de l'emploi. Ensuite, Jon Hamm (Don Draper de Mad Men) est crédible dans le rôle de l'agent du FBI en charge du dossier, et Chris Cooper est très touchant en père emprisonné depuis toujours qui tente tout de même de protéger son fils.

Bien sûr, on ne parle pas ici d'un chef d'oeuvre, le scénario manquant un peu de substance et n'échappant pas aux clichés. Mais selon moi, Affleck possède une sensibilité particulière qui lui permet de cerner les personnages avec justesse et profondeur. Il a également de bonnes idées visuelles et ses plans sont construits de façon toujours intéressante. De plus, il est clair que la ville de Boston, ici personnage important du film, est très importante pour le réalisateur, qui la filme avec un mélange d'amour et de ressentiment. Comme si elle lui rappelait de bon mais aussi de douloureux souvenirs.

Vous me direz que l'on est loin de The Departed, de Scorsese et de Mystic River, de Clint Eastwood, qui se déroulaient aussi dans les quartiers chauds de Boston: vrai. Mais The Town reste un divertissement très efficace, voire plus... Ce qui est mieux que la plupart des films de ce genre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire