dimanche 16 janvier 2011

The Social Network - Impressionnant / Eat pray love... un peu moins

Dimanche soir, après avoir écouté The Social Network, de David Fincher, j'ai regardé la fin des Golden Globes pour voir le film remporter les derniers honneurs, les plus importants. Et je n'en fus pas surprise (par contre, je n'ai pas encore vu Black Swan, qui a l'air très impressionnant). Ce film, au cours duquel il n'y a selon moi aucun temps mort (rare), est très réussi, voire plus.

Comme on le sait, il s'agit de l'histoire de la création de Facebook par Mark Zuckerberg - quoique cette partie de l'équation est contestée par plusieurs, qui réclament tous leur part du magot (Facebook vaut aujourd'hui plus de 50 milliards de dollars, et Zuckerberg est le plus jeune milliardaire du monde). On assiste donc, dans ce film extrêmement touffu et subtil, aux procédures judiciaires qui accablent Zuckerberg, poursuivi par plusieurs, dont son meilleur (et seul) ami, cofondateur du site. Forcé de raconter l'histoire de la fondation de Facebook, nous revivons, à travers plusieurs flashbacks, cette période qui, il faut bien le dire, changera la façon dont plusieurs perçoivent leur propre vie et celle des autres.

Le film est écrit par Aaron Sorkin (d’après le roman The Accidental Billionaires de Ben Mezrich), créateur de l'extraordinaire série The West Wing, qui traite de politique américaine. Il va sans dire que le scénario est le grand intérêt de ce film, tant il est intelligent, à la fois critique et admiratif d'une jeunesse inventive mais intransigeante, égocentrique et muée par la recherche continue de la richesse.

Également, le personnage de Zuckerberg est exploité de façon fascinante. En effet, on est toujours dans le flou quant à ses véritables fautes dans toute cette affaire. Est-il plus ou moins autiste, tête en l'air, calculateur, machiavélique, naïf? Est-il manipulé ou manipulateur? Difficile à dire... D'ailleurs, en deux minutes, la première scène du film nous présente ce personnage dans toute sa complexité. Il est dans un bar avec sa copine, Erica Albright (Rooney Mara, que Fincher a engagée pour jouer Lisbeth Salander dans son adaptation du premier tome de la série Millénium), et il tient un discours alambiqué et incompréhensible que sa blonde tente de mettre en perspective. Il oscille sans arrêt entre le statut d'attachant à celui de méchant, en passant par quelques moments où l'on se questionne sur sa santé mentale.

L'acteur qui le personnifie, Jesse Eisenberg, que l'on avait beaucoup aimé dans Adventureland, habite littéralement le personnage. Également, Andrew Garfield, plus ou moins nouveau venu dans le paysage hollywoodien, est à la hauteur dans le rôle du cofondateur et ami trahi.

Évidemment, bien que le scénario et les dialogues soient des plus impressionnants en terme d'intelligence, surtout si on pense au sujet du film, disons pas très cinématographique, on ne peut passer sous silence la réalisation de Fincher, qui ne tombe selon moi dans aucun piège reliés à ce type de film, qui prennent parfois l'allure de documentaire, ou ont tendance à magnifier le sujet.

Enfin, je ne suis pas du tout d'accord avec ceux qui ont dit que le film était trop bavard. J'ai cherché tout le long du visionnement les passages que j'aurais pu ainsi qualifier, sans jamais les trouver. Au contraire, j'ai trouvé les dialogues incisifs et vrais, réalistes. Également, il ne s'agit pas nécessairement ici de la vérité - le véritable Zuckerberg n'a disons pas beaucoup aimé le film et assure qu'il n'est pas comme ce personnage, qui n'est pas dépeint de façon très sympathique.

À voir.


Pour ce qui est de Eat Pray Love, histoire qui m'intéressait zéro au demeurant (je ne suis pas une grande fan des quêtes spirituelles moralisatrices), je n'ai finalement pas détesté ça. J'ai trouvé que Julia Roberts était très douée. Elle porte le film sur ses épaules avec une légèreté apparente, joue toujours juste et est encore, il faut bien le dire, très belle. Elle sait rendre son personnage attachant, malgré tous les clichés dont il est question dans l'histoire.

Réalisé par Ryan Murphy, un homme à la personnalité très complexe (il a créé les séries Nip/Tuck et Glee, qui peuvent difficilement être plus différentes - et le voici en réalisateur d'une ode à la psycho-pop!!), le film est très beau, il est vrai. Plein de couleur et de belles images des pays où se rend cette femme dans sa quête de retrouvailles avec elle-même. De plus, il y a James Franco et Javier Bardem, qui ont constitué un gros plus dans mon appréciation du film. Richard Jenkins, que le personnage de Roberts rencontre lorsqu’elle est rendue dans la phase ‘prier’, est aussi très touchant.

Une chose est certaine, l'histoire ne m'a pas vraiment parlée, mais le film m'a donné le goût de voyager. C'est déjà ça.

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