Le nouveau film de François Ozon, qui nous avait entre autres donné 8 femmes et Swimming Pool, est très particulier. En effet, il faut se mettre dans un certain état d'esprit pour apprécier ce film à la forme complètement délirante, kitsh au possible, rappelant de façon extraordinaire l'esthétique visuelle des films et des émissions télévisuelles des années 70. En fait, le grand intérêt que crée cet revisitation d'une époque - pas tant que ça révolue - se situe au niveau des éléments doucement ironiques qui se dégagent de la reconstitution historique, que ce soit dans les dialogues, les costumes, les références audio-visuelles et évidemment, les nombreux pallalèles que nous pouvons faire avec notre époque, nous mettant sous le nez les nombreuses contradictions des sociétés occidentales.
En ce qui a trait à l'histoire, la potiche du titre, c'est en fait madame Pujol, héritière de l'usine de parapluies de son père, qui a depuis toujours laissé la direction de l'entreprise à son mari, qui la méprise totalement et ne lui a jamais confié aucune responsabilité. Par un concours de circonstance, M. Pujol doit quitter la direction de l’usine, ce qui oblige sa femme, qui n'y connaît rien, à le remplacer. Contre toute attente, évidemment, la potiche s'avère être une directrice charismatique, une motivatrice hors pair, une fine stratège. Celle qui a passé sa vie à écrire des 'poèmes' dans son manoir en admirant les écureuils s'émancipe totalement au contact du marché du travail.
Dans ce film totalement féministe, Catherine Deneuve est vraiment extraordinaire. Dans un total contre-emploi, elle compose, dans presque toutes les scènes, ce personnage complexe de façon magistrale, montrant toute l'étendue d'un talent comique que nous ne lui soupçonnions pas. Elle est entourée de Fabrice Luchini (son mari) et de Judith Godrèche (sa fille), tous deux embrassant des idées de droite et conservatrices. Ozon met même dans la bouche de ses personnages des répliques bien connues servies par la classe politique française, comme le 'Casse-toi pauvre con' lancé par Sarkozy, et probablement plusieurs autres qui m'ont échapées. Karin Viard, en secrétaire qui se transforme de tout au tout au contact de cette femme qu'elle avait toujours peu considéré, est également intéressant. Bon, Gérard Depardieu semble ici complètement déconnecté, voire saoul, et il récite son texte, mais sa rencontre dans un endroit 'peu recommandable' avec sa pertenaire du Dernier Métro est assez fascinante.
Adapté d'une pièce de théâtre de Barillet et Grédy, Potiche souffre parfois un peu de cette staticité et de cette presqu'unité de temps et de lieu. Mais l'esthétique des années 70, les personnages féminins bouleversés par ce vent de chamgement et les personnages masculins qui en prennent pour leur rhume en font un film charmant et drôle, pour qui accepte le second degré et l'ironie distillés par ce film intelligent.
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