lundi 23 mai 2011

I Love you Philip Morris: un film particulier... à prendre au second degré

I Love You Philip Morris, film réalisé par Glenn Ficarra et John Requa, s'inspire d'une histoire vraie complètement farfelue. Il s'agit de la vie de Steven Russell, anciennement père de famille, hyper conservateur et policier qui, après un accident, décide d'arrêter de perdre son temps et s'avoue homosexuel. Sauf que comme il le dit, son nouveau train de vie demande beaucoup d'argent, et il n'en a pas assez. Il devient donc arnaqueur, ce qui fonctionne plutôt bien, malgré quelques expériences en prison et quelques évasions tellement ahurissantes que l'on peine à croire qu’elles ne sont pas inventées de toute pièce!

C'est justement lors d'un séjour en prison que Steven rencontre Phillip Morris, dont il tombe éperdument amoureux. D'un naturel plutôt naïf (à un point tel que s'en est parfois difficile à croire), Phillip embarque dans toutes les folies de son nouveau chum, et gobe tous ses mensonges. Mais il n'est pas le seul. En effet, Steven réussit entre autres à gagner des causes à la cour en s'improvisant avocat! Mais évidemment, toute bonne chose a une fin, et la chance de Steven finira peut-être par tourner...

Ce film, qui est terminé depuis longtemps mais pour lequel on peinait à trouver des distributeurs à cause de son sujet, comporte plusieurs éléments vraiment intéressants. D'abord, le ton est très particulier. On ne sait jamais si on se trouve devant une comédie ou un drame, les événements pouvant toujours être interprétés de façon à pencher d'un côté ou de l'autre. En fait, on oscille toujours entre différents degrés d'humour. Le premier tiers du film est très drôle, Jim Carrey y allant de ses fameuses élucubrations, mais n'en faisant jamais trop. Au contraire, il trouve ici un rôle à sa mesure, parvenant à faire rire, mais aussi à créer une émotion véritable. Et ma foi, on croit à son histoire d'amour avec Ewan McGregor, parfait dans ce rôle d'amoureux sensible.

Par la suite, le scénario s'essouffle un peu et le ton change, devenant plus grave, et les agissements de Steven sont dépeints avec un petit penchant moralisateur qui n'était pas présent au début du film. Dommage, car cela reste un film très particulier. On peut penser au Catch me if you can de Spielberg, mais en y ajoutant un aspect subversif. On sent en effet une véritable critique sociale traverser le film, la dénonciation de l'hypocrisie ambiante, une nostalgie aussi. Sans trop savoir pourquoi, nous ressentons un léger malaise devant cette histoire, où la réalité semble avoir souvent dépassé la fiction.

Tout compte fait, on se demande bien pourquoi ce film a fait si grand bruit et traîne derrière lui un parfum de scandale. Franchement, ce n'est pas bien méchant, mis à part le fait que Russell a réussi, au cours de sa vie, à faire passer la justice américaine pour une mascarade irrécupérable. Juste pour ça, ce film vaut la peine!

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