mardi 10 mai 2011

En rafale: L'affaire Farewell, In The Electric Mist, L'immortel; Ouf!

L'affaire Farewell, dont le scénario se base sur des événements réels, se déroule à Moscou au début des années 80, durant la Guerre froide. Un homme, interprété par Emir Kusturika, qui se dit colonel pour le KGB, se voit obligé de contacter un jeune ingénieur français sans histoire pour lui communiquer des informations à propos de secrets industriels. Évidemment, l'ingénieur (Guillaume Canet) est bien vite dépassé par les événements, et sa vie en sera complètement chamboulée.

Sans en faire une critique détaillée, je dirais que le problème de ce film est au départ une qualité: le désir de rester près des faits historiques, de ne pas trop en ajouter. Sauf que tant d'exactitude factuelle en fait un film froid, peu émotif, et provoque chez le spectateur un cruel sentiment de je m'en foutisme, surtout en rapport avec ce qui peut bien arriver aux personnages.

Cela a pour conséquence de devenir profondément ennuyant, malgré une histoire à la base franchement impressionnante.

En ce qui a trait à In the Electric Mist, film que Bertrand Tavernier a tourné avec Tommy Lee Jones dans les bayous louisianais, je ne sais trop qu'en penser.
Le film est adapté d'un polar de James Lee Burke, dans lequel l'inspecteur fétiche de l'auteur, Dave Robicheaux, tente de résoudre une sordide affaire de meurtre. Jusqu'ici, tout va bien: l'atmosphère de moiteur dégagée par l'ensemble est intéressante, les acteurs sont tous très bons (particulièrement John Goodman et Peter Sarsgaard) et le personnage de détective un peu bourru, bien que n'offrant rien de nouveau, est attachant.

Mais pour une raison qui m'échappe (c'est probablement dans le livre, mais cet aspect aurait assurément dû être éliminé du film), le cinéaste a incorporé dans son film des scènes oniriques de soldats durant la guerre de Sécession, ce qui coupe la continuation du récit et nous fait totalement décrocher. On se croirait devant un film de la Nouvelle Vague, dans lequel le réalisateur aurait délibérément décidé de nous faire suer. D’ailleurs, plusieurs éléments reliés au scénario sont extrêmement flous et nous laissent dans le brouillard électrique… En fait, l'intrigue s'embourbe tellement dans les dédales de l’histoire américaine (guerre de Sécession, mais aussi problèmes raciaux persistants) qu’elle finit par nous laisser indifférents, même si on comprend le message visant à nous dire que les fantômes du passé ne sont jamais bien loin de la réalité actuelle.
Bref, à vos risques et périls, mais je dois avouer avoir hésité tout au long du visionnement entre l'envie de trouver ce film pénible et celle de le trouver digne d'intérêt. Car il en ressort tout de même une sorte d'incompréhension et de mystère qui font qu'il nous reste en tête un certain temps.

L'immortel, de Richard Berry, est de son côté tout sauf subtil et mystérieux. On est ici dans le pur film de gangster, où tout est noir ou blanc, où tous les personnages sont unidimensionnels, où il y a les bons (ceux qui ont des principes) et les mauvais (ceux qui n'en ont pas). Mais même s'il n'échappe à aucun cliché, on est tout de même happés par ce film.

Monté et construit en conservant un rythme haletant tout du long, le film est classique et peu original, mais comporte de bons éléments. On y suit en fait le parcours de Chaly Matteï (Jean Réno, fidèle à lui-même), truand marseillais qui se fait trahir par son comparse de toujours lorsqu'il décide de se retirer du 'business'. Survivant à une tentative d'assassinat particulièrement intense (une vingtaine de balles dans le corps), il décide de se venger de tous ceux qui ont participé à l'attentat contre sa personne.
Et ce ne sera pas de tout repos...

La performance de certains acteurs est assurément digne de mention, notamment celle de Marina Foïs, qui joue une inspectrice de police en deuil de son mari qui peine à se maintenir à flot et qui semble ne plus rien avoir à perdre. Par contre, pour d'autres, comme Kad Merad, qui joue l'ami qui trahit, ce n'est pas facile. Il est extrêmement caricatural dans son rôle d'hypocondriaque toujours à la limite de la crise de nerf. On n'y croit pas une seconde et surtout, jamais il ne nous inspire l'angoisse ou la peur, ce qui est un léger problème quand tu joues le méchant dans un film.

Beaucoup de testostérone, de 'flingues', de phrases mille fois entendues, un acteur possédant particulièrement le physique de l'emploi, une morale bien peu subtile: voici à quoi vous devez vous attendre avec cet Immortel. Mais bizarrement, je n'ai pas détesté... Je crois que c'est un film que l'on aime bien ou que l'on déteste profondément. À vous de voir.

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