Alors dimanche dernier, nous avions prévu aller voir ce film qui n'était à l'affiche qu'une semaine à Ex Centris. Alors nous partons en voiture, et nous aboutissons, en une demie heure, rue Ontario et Saint-Hubert. Impossible d'aller plus loin, nous devons nous stationner là!! (Note à moi-même, ne JAMAIS prévoir un déplacement quand c'est le tour de l'île et qu'en plus il pleut des cordes) Nous partons donc sous la flotte à la course et en babouches vers la rue Saint-Laurent. Je peux vous dire que nous avons bien failli être un public fantôme.
Mais le travail valait le coup.
J'ai adoré ce film.
On y suit un ghost writer, c'est-à-dire l'un de ces écrivains qui écrivent les autobiographies des personnages importants. Notre héros, joué par Ewan McGregor, est donc engagé pour remplacer un "ghost" mort dans des cisconstances nébuleuses et ainsi continuer à écrire l'autobiographie d'un ancien premier ministre britanique (Pierce Brosnan).
Un peu à la manière de The Tenant (1976 -très bon film en passant), l'écrivain, qui doit se rendre sur une île isolée pour rencontrer l'homme en question et son équipe très réduite, va tranquillement prendre la place de l'homme qui est mort. Il va se mettre à faire les mêmes choses, à poser les mêmes questions, voire à porter les mêmes vêtements que son prédecesseur et tous lui en feront la remarque. Découvrira-t-il ainsi ce qui est arrivé à cet homme? Sera-t-il lui-même victime de ses indiscrétions? D'ailleurs, il y a beaucoup de Hitchock dans cette histoire où un homme est victime des circonstances, poussé contre son gré dans une histoire qui le dépasse, et risque de payer pour avoir été trop curieux.
Dans ce climat plutôt inquiétant éclate une crise politique qui met dans l'embarras l'homme politique en question. Nous sommes constamment tenus dans le flou, ne sachant qui est bon qui est mauvais et doutant de tous les personnages. Cet aspect du film m'a fait penser à un autre chef d'oeuvre du cinéaste: Chinatown.
Nous pouvons bien sûr y voir une méfiance envers la classe politique qui semble magouiller plutôt que gouverner, et une sévère critique de la guerre en Irak. Mais nous pouvons surtout y admirer le travail d'un artiste qui est vraiment au sommet de son art (voir la scène de la fin, où un petit papier passe de mains en mains avant d'arriver à son destinataire - nous savons que c'est la clé de l'énigme, et il nous fait languir pendant au moins cinq longues minutes - brilliant! comme disent les anglais).
En passant, Kim Catrall (Samantha de Sex and the City) est franchement très bonne en maîtresse/directrice des communications de cet homme important. Son jeu est très subtil, on ne sais jamais ce qu'elle pense, mais on la sait très intelligente. Impressionnant.
Vraiment un bon thriller, prenant du début à la fin.
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Dommage qu'il est seulement à l'affiche 1 semaine! J'ai hate de le voir.
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