lundi 21 mars 2011

The Walking Dead

Créée et écrite par Frank Darabont, réalisateur qui nous avait donné À l'ombre de Shawshank, la série The Walking Dead est la sensation de l'heure. En effet, après les vampires très sexy de True Blood, la série dont tout le monde parle, diffusée sur la chaîne AMC (Mad Men), est inspirée d'une bande dessinée et se déroule dans une Amérique post-apocalyptique, où les morts se réveillent et deviennent des zombies.

Les décors représentant un monde désolé sont vraiment impressionnants, et l'atmosphère qui se dégage de l'ensemble est particulièrement étouffante et claustrophobique. Dans ce monde où la vie est quasiment disparue, difficile de ne pas faire le constat de notre échec en tant que race... Pas jojo tout ça.

Que s'est-il passé? Nous l'ignorons et l'ignorerons jusqu'à la fin. Et c'est selon moi une bonne idée. Pour une fois, quelques éléments ne sont pas révélés aux spectateurs (comme le secret à la fin de la saison, rappelant la dernière scène de Lost In Translation). Également, le mythe du zombie est traité de façon originale, tant visuellement - il y a parfois beaucoup de sang et d'entrailles, vous êtes prévenus - que scénaristiquement. Le traitement de l'image est très cinématographique et s'avère d'une qualité exceptionnelle.

Évidemment, dans ce nouveau monde, il subsiste quelques survivants, que nous suivrons dans leur quête pour s'expliquer ce qui est arrivé, mais aussi pour manger et ne pas tomber sous les dents de l'ennemi. Il y a au premier plan Rick Grimes, shérif de profession, qui se réveille à l'hôpital, après un accident de travail, dans un monde complètement transformé. Sorte de cowboy solitaire, il part ainsi à la recherche de sa femme et de son fils, qu'il croit vivants. Ce personnage aurait pu être intéressant (j'espère qu'il le deviendra dans la seconde saison), car le contraste entre son passé de policier et l'obligation de vivre aujourd'hui dans un monde anarchique où tous se tirent des balles dans la tête au passage est une bonne ligne scénaristique, qui n'a pas encore été exploitée. On pense également aux westerns américains ou à l'excellente série Deadwood, les zombies n'étant que la réincarnation des méchants Indiens... à moins qu'ils ne représentent les nombreuses invasions de l'homme blanc.

Malheureusement, c'est au niveau du scénario que le bât blesse. Les personnages, en mode survie, agissent souvent de façon clichée et invraisemblable. Également, certaines histoires parallèles sont tellement déjà vues qu'elles en sont risibles, comme l'histoire de l'ancien partenaire qui couche avec la femme de Rick. En fait, les différents personnages sont extrêmement caricaturaux, et semblent avoir une personnalité unidimensionnelle, sans zones grises: le violent, l'ami amoureux, celui qui agit avant de réfléchir, le chinois speedé, le vieux sage, etc. On sait donc toujours comment chacun va réagir face à une situation donnée, ce qui nous éloigne de ce que l'on appelle communément l'originalité...

Bien sûr, je suis consciente que les zombies ont toujours été utilisés comme métaphore, représentant tantôt la crainte de la bombe atomique, tantôt l'envahisseur, quel qu'il soit. On peut donc interpréter la série à notre guise, et ainsi ajouter une certaine profondeur au récit. Mais vu le potentiel visuel, je crois que l'embauche de différents scénaristes pour la seconde saison devrait régler les petits problèmes de cette série au grand potentiel.

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