D'abord, 127 hours de Danny Boyle est un film extrêmement angoissant tout en étant, de façon assez surprenante, plutôt agréable à regarder. Cette histoire vraie d'un aventurier un peu prétentieux qui fait une chute et se retrouve prisonnier d'une roche dans les canyons américains représentait un défi sur le plan cinématographique, défi que Boyle a selon moi relevé.
En effet, on ne s'ennuie pas une minute en suivant les aventures immobiles de ce jeune homme qui, dans sa lutte acharnée pour survivre, devra finir par se couper le bras avec un canif bon marché. Il passe évidemment par toute la gamme des émotions, du découragement à la colère, et filme ses états d'âme en parlant aux personnes qui lui sont chères. Avec plusieurs effets visuels recherchés et des flashbacks bien amenés, quoi qu'un peu trop nombreux à mon avis (à moins que ce ne soit des hallucinations?), le spectateur comprend parfaitement l'état d'esprit dans lequel se trouve le personnage, seul prisonnier d'une roche dans une crevasse où personne ne va jamais. On aurait même pu avoir plus de moments de silence au cours desquels on aurait tout autant pu prendre le pouls de l'angoisse qui habite le personnage, qui n'espère plus rien.
James Franco, qui nous a bien énervés lors des Oscars, est ici vraiment impressionnant, portant ce film sur ses épaules avec brio. Boyle avait hésité à l'engager, Franco ayant la réputation de jouer au rêveur et d'être un peu 'chiant', mais il ne l'a pas regretté. On comprend pourquoi. Il n'en fait jamais trop, au contraire. On croit totalement à son personnage, qu'il habite littéralement. Il sait être attendrissant tout en conservant l'arrogance qui semble faire partie de la personnalité du fameux Aron.
Et pour les coeurs sensibles, ne vous en faites pas, la fameuse scène finale où, en état de transe (il n’a pas mangé et a peu bu depuis environ 5 jours), il effectue l’opération, passe très vite et est filmée de façon à ne pas nous torturer. C'est plutôt le fait de voir le personnage immobilisé entre deux parois rocheuses durant une heure qui est perturbant... Et le questionnement qu'il suscite: qu'est-ce que j'aurais fait dans pareille situation?
Bref, on reconnaît ici Danny Boyle et ses nombreux effets visuels, la musique omniprésente, le montage saccadé, les gros plans. Alors ceux qui ont été très énervés devant Slumdog Millionnaire, vous allez détester. Les autres, laissez-vous tenter.
J'ai aussi bien aimé RED, film un peu déjanté de Robert Schwentke. Bien sûr, ce n'est pas un grand film, mais c'est un divertissement original et charmant qui ne se prend pas trop au sérieux. On y suit les aventures d'un ancien agent de la CIA (Bruce Willis), coulant des jours tranquilles et faisant la cour à une fonctionnaire gouvernementale (Mary-Louise Parker, qui a parfois des tics un peu agaçants) par téléphone. Mais certaines circonstances le forcent à aller chercher la belle et à partir avec elle, étant poursuivi par des ennemis très méchants.
L'intérêt de ce film ne se situe pas, vous l'aurez compris, dans l'histoire - abracadabrante -, mais plutôt dans le style visuel et le traitement ironique du sujet. En effet, Frank (Willis) va recruter ses anciens collègues, tous des retraités plus originaux les uns que les autres. Morgan Freeman et John Malkovich sont très amusants, mais c'est le fait de voir la très distinguée Helen Mirren tirer de la carabine avec aisance qui est le plus renversant. Et tous les acteurs semblent prendre un plaisir authentique à se faire aller de la sorte.
Ce n'est pas subtil et ça reste dans la catégorie du déjà vu, mais c'est un bon film de dimanche après-midi pluvieux.
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