lundi 7 mars 2011

Macheté - Jouissif!

Macheté, de Robert Rodriguez, est pour moi et les amateurs du genre un film carrément jouissif. Ceux qui avaient adoré le dyptique Grindhouse, et qui avaient trouvé la fin de Death proof (Tarantino) vraiment libératrice, vous allez 'triper' ici! D'ailleurs, il s'agit en fait du film dont la bande annonce se trouvait entre ces deux films. La bande annonce a donc été créée avant le film!

Macheté, c'est un personnage totalement invraisemblable, ancien agent des forces de l'ordre mexicain dont la femme s'est fait assassinée sous ses yeux, ce qui l'a, on en conviendra, légèrement perturbé, et qui a provoqué chez lui le syndrome de la 'machette' facile.

Interprété par un Danny Trejo tout à fait à sa place (acteur fétiche de Rodriguez, devenu acteur par pur hasard, Trejo a eu une vie particulièrement intense, mais s’est complètement réhabilité après avoir passé 11 ans en prison et y avoir gagné des combats de boxe!), Macheté est à la fois affreux et séducteur, brute au coeur tendre. En fait, il est le personnage typique du film de série B. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, un hommage aux films de série B, surtout ceux des années 70, avant l'arrivée des effets spéciaux hyper léchés, que ce soient des films mexicains, asiatiques ou autre.

Par un concours de circonstance particulier, Macheté se retrouve donc au milieu d'un complot visant à assassiner, dans une ville texane proche de la frontière mexicaine, un sénateur de droite (très ironique Robert De Niro) en campagne électorale. Ce sénateur se plaît en effet, le soir venu, à jouer les justicier et à faire leur fête aux mexicains qui tentent d'entrer sur la terre promise.

Mais évidemment, rien de va tourner comme prévu, et les vieux démons de Macheté (comprendre Steven Seagal!) vont tenter de le rattraper. Mais n'attrape pas Macheté qui veut… Car aidé du 'Network', c'est-à-dire de tous les mexicains des environs, il va mener une guerre sans merci au sénateur et à ses acolytes.

Le plus intéressant dans ce film, c'est la douce ironie qui s'est dégage. En effet, le film est hilarant, et les trouvailles visuelles et scénaristiques souvent étonnantes et efficaces. Impossible d'oublier les tripes arrachées directement du ventre d'un ennemi, qui servent de corde pour se sauver d’un hôpital, ou la scène du thermomètre... Évidemment, il ne faut pas craindre le rouge, les têtes coupées, voire le gore. Mais le tout est tellement exagéré et ne se prend tellement pas au sérieux que la portée de la violence est de beaucoup amoindrie. En fait, les idées pour dégommer les méchants sont incongrues à un point tel que l'on s'esclaffe littéralement la plupart du temps.

Comme dans Death proof, les femmes sont à la fois objets et extrêmement puissantes. Aucun stéréotype n'est laissé au hasard: il y a la prostituée reconvertie en nonne, jouée par une Lindsay Lohan étonnamment auto-parodique, il y a la guerrière Michelle Rodriguez, il y a la policière Jessica Alba, qui change de camp au contact du très charmeur Macheté. Car évidemment, toutes ces laideronnes se laisseront séduire par le guerrier aux machettes.

Tout au long du film, il est évident que Robert Rodriguez nous sert une critique de la politique américaine, surtout en ce qui a trait à l'épineuse situation à la frontière avec le Mexique, à la façon de régler la question et à la montée d'une politique de droite plutôt extrême.

Enfin, Macheté est un film où la démesure est à l'honneur, qui ne passera pas à l'histoire (quoi que... il pourrait bien devenir culte), mais qui plaira aux amateurs du genre. Et ceux qui aiment repérer les références, vous serez servis!

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