I am Love est un film très particulier. Il nous laisse au départ indifférent, mais tranquillement naissent chez nous des sentiments contradictoires. Sommes-nous mal à l'aise? Troublé? Juge-t-on les personnages ou nous mettons-nous à leur place? Difficile à dire...
L'histoire de ce film se déroule en Italie, dans la grande bourgeoisie milanaise. Lors de la retraite anticipée du patriarche, les rênes de la compagnie familiale sont remis au fils et au petit-fils qui, âgé d'une trentaine d'années, ne semble pas vraiment intéressé par cette nouvelle tangente que semble prendre sa vie. À partir de ce moment, sans que l'on sache exactement pourquoi, ce qui tenait cette famille ensemble se détériore très rapidement. La mère de famille, d'origine russe (jouée par la très troublante Tilda Swinton), au départ toute en retenue et donnant l'impression d'être une mère très proche de ses enfants et une femme parfaite, change de totalement comportement. Elle se transforme complètement. Et de façon subtile, l'équilibre qui régnait dans ce monde à part se brise peu à peu.
En fait, cette femme russe qui avait épousée, jeune, cet homme d'affaires, avait dû renier ses racines, jusqu'à devoir changer de nom. Elle est devenue italienne, et s'est complètement métamorphosée en grande bourgeoise. Mais la vue soudaine d'un ami de son fils, cuisinier pourtant somme toute ordinaire, la trouble au plus profond de son être et elle redevient la femme qu'elle avait oubliée.
On pourrait analyser ce film de façon psychanalytique. La relation entre la mère et son fils est très œdipienne, voire presque incestueuse. À la vue de cet homme, les pulsions inconscientes de cette femme remontent à la surface et sont incontrôlables, animales, et s'avèreront meurtrières. Tous les aspects liés à la moralité, au paraître, à la façon de se comporter en société - aspects qui étaient si importants dans la vie de cette femme qui organisait des soirées mondaines avec une apparente facilité - sont littéralement balayés pour faire place à l'instinct et à la pulsion primaire. Fascinant...
La réalisation de Luca Guadagnino est aussi très intéressante, audacieuse et colorée. Nous oscillons toujours entre contemplation et malaise, entre chaud et froid. Entre l'immense maison où l'on ne cesse de fermer des portes et l'unique pièce qui sert d'appartement à l'amant. Entre la ville de Milan en hiver, et la campagne verdoyante. Nous sommes toujours dans les contrastes, et l'étrange sentiment qui nous reste après le visionnement balance lui aussi entre amour et haine.
Un film auquel on repense longtemps, rempli de métaphores et de pistes d’analyse, sans toutefois être trop cérébral.
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Ça vraiment, mais vraiment l'air bon ! Merci, j'en avais pas entendu parlé.
RépondreSupprimerbelle critique!
RépondreSupprimerMerci! Et merci de me suivre dans ce blogue vous 2!
RépondreSupprimerCharles, c'est un film très particulier, mais je ne sais pas si j'ai aimé ça au final... Tu m'en reparleras après l'avoir vu!