lundi 22 septembre 2014

Mommy - brutalité émotionnelle

C'est avec beaucoup d'enthousiasme que je me rendais voir ce film-événement de Xavier Dolan, après qu'il eut remporté l'un des prix les plus prestigieux du Festival de Cannes, soit le Prix du Jury. De plus, la bande-annonce, vraiment très réussie, m'avait fait pleurer quelques fois.

Ai-je été déçue? Difficile à dire. J'y repense beaucoup depuis, ce qui est bon digne, et assez rare. Mais je repense aussi à quelques irritants ainsi qu'à quelques longueurs qui rendent immanquablement l'expérience moins agréable.



D'abord, nous ne pouvons passer sous silence le talent de directeur d'acteurs de Dolan, qui sait assurément aller chercher le meilleur de Suzanne Clément - très touchante en femme brisée et désorientée (personnage qui m'a beaucoup intéressée, plus subtil que les deux autres), Antoine Olivier Pilon - très crédible et Anne Dorval - extraordinaire dans un rôle plus grand que nature qui aurait pu sombrer dans la caricature.

Dolan s'avère également un dialoguiste d'exception, ses personnages colorés utilisant un langage ponctué de pointes d'humour, cependant toujours juste. Esthétiquement, l'idée de filmer en 1:1, format carré, est selon moi géniale, accentuant la sensation d'enfermement des personnages qui vivent pratiquement leurs drames en huis clos, ne pouvant compter que sur eux-mêmes pour se sortir de leur condition. À quelques reprises, le cadre s'élargit pour laisser passer quelques accents lumineux, annonciateurs d'une chute encore plus vertigineuse dans les abysses d'une détresse psychologique selon moi incurable.

Le film est également ponctué de beaux moments d'émotion brute, souvent par contre un peu trop appuyés par une musique omniprésente et des ralentis pas toujours nécessaires. Enfin, certaines scènes manquent d'efficacité ou s'avèrent non essentielles à l'ensemble, ce qui ralentit la montée dramatique et l'efficacité de l'expérience vécue par le spectateur.

Bref, Mommy a rempli toutes ses promesses, sauf celle de faire naître chez moi une véritable émotion, ne parvenant pas à me toucher droit au coeur. Ça demeure un film à voir, certainement le meilleur film québécois de l'année, et la promesse d'un cinéaste exceptionnel et courageux qui a une véritable vision d'auteur et dont le talent ne pourra que grandir...









jeudi 18 septembre 2014

Boyhood - mon film de l'année (à date)

C'est un véritable tour de force qu'a réussi Richard Linklater avec ce Boyhood, échelonnant son tournage sur 12 ans pour capter l'essence de la jeunesse d'un garçon de 6 à 18 ans. À travers cet enfant qui devient un homme, c'est non seulement le portrait d'une famille qui nous est présenté, mais celui de toutes les familles et de toutes les jeunesses, le cinéaste réussissant à donner à son film quelque chose d'universel tout en demeurant fidèle à la cellule familiale microscopique qu'il a choisi de mettre de l'avant.



Nous ayant habitué à des films intéressants mais un peu bavards à mon goût, entre autres avec la trilogie des Before (Before Sunrise, Befone Sunset et Before Midnight), Linklater s'impose en fin observateur de la vie dans ce film quasi expérimental où les mêmes acteurs ont été filmés (pour la première fois à ma connaissance) sur une longue période. On y suit un garçon (impressionnant Ellar Coltrane) évoluant au sein d'une famille éclatée avec sa soeur (Lorelei Linklater, véritable fille du réaliateur). À raison de quelques jours de tournage par année, nous assistons ainsi au développement physique et psychologique de ce jeune homme, tout autant que des autres membres de sa famille. Les parents, joués par les extraordinaires Patricia Arquette et Ethan Hawke, vieillissent également avec beaucoup de courage devant nous, nous mettant immanquablement face à notre propre condition humaine, marquée par les événements, heureux ou non, qui surgissent dans notre vie sans crier gare.

Ainsi, le jeune homme traverse cette période de sa vie en étant témoin des erreurs de ses parents, avec une mère qui ne fait pas les bons choix en matière d'hommes et un père légèrement adulescent tout en demeurant très proche de ses enfants. Bref, des parents qui ne savent pas trop comment s'y prendre mais qui inculquent à leurs enfants une philosophie de vie qu'ils porteront toujours en eux, pour le meilleur et pour le pire.

Forgeant au fil du temps sa propre personnalité au gré des événements mémorables de la vie (déménagements, amitiés, premières amours, départ au collège, etc.), le personnage de Mason se dirige vers l'âge adulte en prenant un peu de chacun de ses parents tout en se construisant sous nos yeux, ce qui touche profondément.

Conte philosophique tout autant que portrait photographique et documentaire, Boyhood, sans fausses notes ni longueurs, est un voyage au coeur de la vie.  


mardi 16 septembre 2014

Quelques films décevants...

En quelques mots, j'ai voulu aujourd'hui faire un petit tour d'horizon de films que mon état d'attente m'a donné le temps de voir, mais dont j'aurais très facilement pu me passer...


1987 - À louer


Ricardo Trogi ne propose pas ici un mauvais film, mais vraiment plutôt un film à louer. La bande-annonce est tentante, mais honnêtement, elle contient les meilleurs moments du film, qui semble en fait s'adresser plutôt aux adolescents qu'aux adultes... Les préoccupations des adolescents étant les mêmes depuis toujours, que l'on soit en 1987 ou en 2014, soit perdre sa virginité et avoir de l'argent, il est un peu difficile de se sentir concerné par l'histoire de ce jeune homme qui désire entrer dans les bars. Oui, les références aux années 80 sont très amusantes, mais elles ont constitué pour moi la principale source d'intérêt de ces deux heures de film.

Soulignons tout de même l'efficacité des dialogues et la justesse du jeu des comédiens, qui semblent tous s'amuser comme des fous dans ce film sympathique et efficace, mais qui se laisse vite oublier.

Fading Gigolo - À voir par un après-midi très pluvieux




Pour moi qui suis indéniablement séduite par le Woody Allen acteur et son personnage de ratoureux tourmenté, ce film de l'acteur John Turturro s'annonçait prometteur. Malheureusement, j'ai cherché tout au long l'étincelle, l'intérêt, la nouveauté dans ce film finalement plutôt mal écrit.

En effet, le scénario, mettant en scène un homme d'un certain âge qui s'improvise mac et propose à son ami de ''faire plaisir'' aux femmes (rien de moins que Sharon Stone et Sofia Vergara), tourne en rond et met de l'avant des conflits intérieurs 1000 fois ressassés au cinéma.

Il semble que Turturro ait voulu rendre hommage à son ami Allen en lui écrivant un film qui serait à l'image de ses propres films. Résultat: nous avons l'impression de nous retrouver devant un sous-Woody Allen qui serait mal maîtrisé et ne saurait toucher son public.

Seul point intéressant, la performance de Vanessa Paradis, vraiment touchante dans le rôle d'une juive hassidique endeuillée à la recherche de réconfort. Trop peu pour ce film en manque d'originalité qui peine à trouver son rythme.    

Jeune et jolie - franchement pénible


Ce dernier opus de François Ozon (8 femmes, Potiche), que j'aime beaucoup et qui selon moi a réussi un véritable tour de force lors de son dernier film - formidable Dans la maison - rate ici complètement sa cible. Ce film prétentieux au possible mettant en vedette une jeune fille de bonne famille qui décide tout bonnement de se prostituer représente tout ce que je trouve pénible dans le cinéma français: les regards dans le vide, les dialogues incomplets qui se veulent songés, l'incompréhension entre les personnages qui se veut un reflet d'une époque morose, les personnages qui se regardent le nombril et j'en passe.

Restent les éléments esthétiques et effets de style chers à Ozon, tournant toujours autour de cette notion de voyeurisme et de distanciation (beaucoup de plans démontrant des personnages qui en espionnent d'autres, notamment avec des jumelles, jeux de miroir, dédoublement du personnage qui s'observe elle-même), qui demeurent intéressants. Mais pour une véritable plongée au coeur de ces thèmes, Dans la maison est autrement plus captivant et réussi!







lundi 15 septembre 2014

Une série découvrir ou à suivre: Sons of Anarchy

Ces temps-ci, la série qui me touche, m'intéresse et que je trouve la plus enlevante est Sons of Anarchy. 




Bien entendu, ce portrait d'un gang de motards qui sévit dans le sud de la Californie peut au départ en rebuter quelques-uns, par les thèmes abordés autant que par la violence qui y est dépeinte. Vrai, c'est violent. Vrai, certains éléments scénaristiques peuvent parfois paraître un peu exagérés. Mais la qualité de la production, le souci du détail, la musique, les images et surtout la profondeur avec laquelle sont construits les personnages en font un divertissement vraiment exceptionnel.

Les épaules et le joli minois de Charlie Hunnam alias Jax Teller, personnage central de la série, ne sont certainement pas étrangers à mon appréciation globale me direz-vous. Peut-être. Il s'agit par contre selon moi du personnage le moins intéressant et le plus prévisible de l'ensemble. Par exemple, le personnage de Gemma Teller, la mère de Jax, jouée par la formidable Katey Sagal, est extraordinaire. Véritable matriarche du club et guidée dans ses actions par un instinct maternel à toute épreuve, elle sait mener les hommes du clan à l'endroit où elle le souhaite, sans égard pour ceux - et celles - qui se trouveront sur son chemin. Très impulsive et violente, il est facile de croire qu'elle a survécu à toutes ces années de trouble.

Car du trouble, il y en a! À toujours vouloir sortir de ce cycle infernal, à vouloir légitimer leurs activités financières, les membres du club ne font en effet que s'enfoncer de plus en plus, pour mener à un dénouement, à chaque fin de saison, qui nous laisse sur le bout du divan et les ongles rongés!

Jamais moralisateur, le ton de la série nous permet évidemment de nous attacher à cette bande de hors la loi sans merci, sorte de Robins des bois des temps modernes, se présentant en quelque sorte comme protecteurs de la ville de Charming, où ils ont leurs quartiers généraux. Entre leurs alliances avec les autres clubs, les Irlandais et les forces de l'ordre avec qui il faut bien entendu composer, les membres du club ne manquent pas de se déchirer entre eux, au gré des trahisons et des séjours en prison.

Par-dessus tout, Sons of Anarchy est une série sur l'amitié et l'amour filial, prenant place dans un monde sans merci où tout est permis. La vengeance et le deuil (beaucoup) demeurent au centre de la série, dont le rythme ne ralentit jamais. Il est certain qu'au fil des saisons, il se peut qu'il y ait quelques répétitions, mais les scénaristes ont toujours réussi à nous surprendre sur le plan des rebondissements et des dialogues, et la mise en scène à la fois crue et poétique demeure hypnotique et accrocheuse. 

Bref, aux chanceux qui n'ont pas encore découvert cette série, je vous envie! La série compte 6 saisons, la 7e vient de commencer sur FX et ce sera la dernière...

mercredi 18 janvier 2012

The Rise of the Planet of the apes - tour de force

Que vous soyez fans ou non de série La planète des singes, que vous ayez vu ou non le film datant de 1968 avec Charlton Heston, vous êtes en mesure de vous laisser happer par ce film, du moment, évidemment, que vous acceptez la proposition de départ: Un docteur (James Franco), dont le père, de qui il est très proche, est atteint d'Alzheimer, fait des recherches sur cette maladie. Ses cobayes sont, évidemment, des singes. Le bon docteur découvre alors que les médicaments qu'il administre aux singes permettent d'augenter leur niveau d'intelligence de façon impressionnante. Lorsque la mère d'un nouveau-né est tuée, le bon docteur prend le bébé sous son aile. Il l'emmène chez lui et l'élève comme son fils.



Ce petit singe est, comme on s'en doutait, promis à un brillant avenir. En fait, le tour de force que réussissent les artisans de ce film, c'est évidemment que provoquer une identification, de la part du spectateur, au fameux Cesar, le Premier des grands singes. On en vient même à désirer la disparition de la race humaine, la nôtre, pour laisser aux singes le soin de prendre le relais, et de faire mieux, si possible.

Évidemment, on pourrait analyser ce film de plusieurs façons. Selon l'époque, cette prise de pouvoir de la popoulation faible sur la race dominante peut être reliée à d'innombrables interprétations. Et comme nous sommes rarement satisfaits de notre sort, nous avons tendance à nous identifier aux incompris, aux persécutés. Par rapport à l'histoire américaine, on peut probablement y voir une référence à l'esclavagisme, ou au massacre des peuples amérindiens. Aujourd'hui, on peut s'imaginer que les populations pauvres prennent le pouvoir, que les indignés parviennent à renverser l'ordre établi par les riches qui dirigent le monde.
Manichéen, vous dites? Effectivement. Il n'y a pas ici de zones grises, on est soit méchant (humain - sauf évidemment le docteur et son père), soit bon (les singes).

En fait, le film n'est pas sans défaut. Il y a dans ce film quelques longueurs, surtout en milieu de parcours (un bon 30 minutes). J'avais hâte que les singes se mettent au travail, et que Cesar sorte de sa prison. L'entrée en matière est selon moi beaucoup trop longue. Également, Je commence à avoir de sérieux doutes par rapport au talent de James Franco, qui joue ici deux expressions, la colère et la compassion.
Peut-être est-ce dû au fait que son personnage est construit de façon unidimensionnelle, contrairement à Cesar.

En fait, les humains sont ici les faire-valoir des singes. Le rôle de Freida Pinto, en copine vétérinaire du médecin, est selon moi parfaitement ridicule. Le seul qui s'en sort, comme à son habitude, c'est John Lightgow, en vieil homme dont la santé décline.

Toutefois, les singes comme tel sont hallucinants, attachants et crédibles. Les effets spéciaux sont impressionnants, les images sont souvent grandioses. Et bien que prévisible, le film provoque une réelle émotion chez le spectateur ainsi qu'une réflexion sur le genre humain. C'est déjà pas mal.

jeudi 12 janvier 2012

La conquête - verbeux mais intéressant

La conquête, film tourné de façon pratiquement documentaire, raconte l'ascension de Nicolas Sarkozy dans le monde politique français, jusqu'à son accession au pouvoir. Mais attention, il ne s'agit pas ici d'une critique de l'homme.

Au contraire, le film brosse au final un portrait plutôt positif de cet homme, dont la petite taille semble avoir été un incitatif à se dépasser. En fait, ce sont les opposants politiques de Sarkozy qui passent ici pour des imbéciles (entre autres Jacques Chirac et Dominique de Villepin), eux qui ont considéré Sarkozy comme un adversaire de taille alors qu'il était déjà trop tard.

Sarkozy et ses conseillers, qui semblent très proches de lui, ainsi que sa femme, Cécilia, mènent la bataille sur tous les fronts. Il est clair que les événements décrits sont réels, comme les fameux déjeuners entre Sarko et de Villepin, au cours desquels ils s'insultent à qui mieux mieux. De toute évidence, le scénariste, Patrick Rotman, a fait beaucoup de recherches. Également, certaines répliques très connues de Sarko sont reprises et remises en contexte.

Denis Podalydes propose un Sarkozy à la fois insupportable et touchant, un homme prêt à tout pour accéder au pouvoir, mais complètement démuni devant le départ de sa femme. Le film est intéressant, car les rouages du jeu politique français, ébranlés par un candidat qui ne joue pas du tout selon les règles établies, sont analysés sous toutes les coutures.

Par contre, évidemment, ça jase en masse. Donc, si vous n'êtes pas intéressé par la politique et que vous trouvez les films français trop verbeux, ne vous attardez pas à ce film.



Certaines personnes m'ont demandé de conseiller des films datant un peu... Alors cette semaine, je vous conseille mon Woody Allen préféré: Crimes & Misdemeanors (Crimes et délits). C'est tout simplement génial. Voici ce que l'écrivain et ancien critique de cinéma David Gilmour, dans son livre L'École des films, en dit: "Ce film résume le monde selon Woody Allen: un endroit où des gens tels que nos voisins peuvent réellement commettre un meurtre et s'en tirer et où des lunatiques finissent avec des filles géniales." C'est tout à fait ça, mais sous des airs plus complexes, évidemment.

mercredi 11 janvier 2012

The Bang Bang Club - Trailer

The Bang Bang club: un film moyen, une histoire fascinante






The Bang bang club n'est pas un très bon film, mais la réalité qu'il décrit est assez percutante pour en faire un film d'intérêt.

Basé sur une histoire vraie, on y suit les aventures d'un groupe de photographes de guerre basé en Afrique du Sud durant les années 90, alors que de grands bouleversements politiques créent un climat de tension et de violence hors du commun. Ces photographes, dont le groupe prendra le nom de Bang Bang Club, n'ont pas peur de se rendre au coeur du conflit. Ils sont téméraires et complètement dévoués à leur art. Leur folie et leur amour de l'adrénaline les mènera d'ailleurs tous à leur perte.

Plusieurs photographies prises par les hommes de ce groupe durant cette période deviendront célèbres, deux d'entre eux gagneront d'ailleurs un prix Pulitzer (voir photos). Mais avec la célébrité viendra, de la part du public, le questionnement éthique associé à ce genre de photos. En effet, les photos parlent d'elles-mêmes: comment être dans le feu de l'action à ce point et rester, malgré tout, en retrait et ne pas intervenir lorsque l'on est témoin d'atrocités? Dans le cas de la petite fille, plusieurs demandaient si au moins, le photographe avait éloigné le au vautour... Vous me direz que là n'est pas leur rôle. Vrai. Mais de toute évidence, ces questionnements ont eu une incidence sur l'homme qui a pris cette photo, puisqu'il fut par la suite rongé par le sentiment de culpabilité.



Toutefois, il manque quelque chose à ce film. Le problème est-il au niveau du scénario? Pourtant, le scénario se base sur le livre écrit par les deux survivants du groupe, Joao Silva (à qui il manque désormais deux jambes, lui qui a marché sur une mine en Afghanistan en 2010) et Greg Marinovich. Est-ce à cause de l'interprétation? Assurément: tous les acteurs jouent faux, surtout Ryan Philippe. Je m'étonne toujours de constater à quel point cet acteur est mauvais et semble légèrement simplet. Suis-je la seule?
Le problème est-il relié au fait qu'il s'agit du premier long métrage de fiction de Steven Silver, plutôt un habitué du documentaire? Difficile de mettre le doigt dessus, mais il est clair que le processus d'identification aux personnages tarde à s'enclencher...

Par contre, la recréation des célèbres photos dans le film est extrêmement juste et impressionnante. Également, il s'agit d'un sujet original, rarement traité au cinéma. Et le climat intense qui régnait en Afrique du Sud et au Soudan durant les années 90 est rendu de façon très percutante.

Et il est impossible de voir ce film sans y repenser, sans se questionner, sans être scandalisé par l'impasse totale dans laquelle semble se trouver l'Afrique, et ce, depuis longtemps. Le film pose des questions à la fois philosophiques et éthiques. Il nous confronte par rapport à notre position d'occidentaux qui sommes avides d'images poétiques de la souffrance des autres.

Un film intéressant à revoir à propos de la vie d'un photographe en zone de guerre: The killing fields, de Roland Joffé.

Pi (1998) Official Trailer

jeudi 5 janvier 2012

The Artist - on aime

Les amoureux du cinéma (j'en suis) seront à coup sûr transportés par ce film muet, aux innombrables références et au charme d'antan. On y suit les aventures d'un célèbre acteur de films muets, George Valentin, qui passera, comme tant d'autres, de la gloire à la ruine lors du passage du muet au parlant. Il s'attache au passage à une jeune starlette, Peppy Miller, qui arrive au bon endroit au bon moment et qui devient l'une des premières star du cinéma parlant.

Le film, réalisé par Michel Hazanavicius (OSS 117), est exceptionnel, et ce, pour plusieurs raisons. D'abord, il s'agissait d'un pari très risqué. En effet, il n'était pas dit qu'un film muet rendant hommage au cinéma hollywoodien des années 30 remporterait un grand succès. Sachant les coûts exorbitants qu'engendrent désormais la production d'un film, il est même étonnant qu'un producteur ait embarqué dans l'aventure.

Ensuite, il faut bien le dire, le film est très réussi, malgré quelques longueurs en milieu de parcours. On y sent un véritable amour du cinéma américain - oui, presque trop, nous rappelant cette parfois un peu dérangeante fascination que les Français semblent avoir pour la culture américaine -, et une nostalgie assumée. Mais surtout, on remarque la grande maîtrise dont fait preuve le cinéaste, ainsi que ses deux acteurs principaux, Jean Dujardin (très touchant et crédible) et Bérénice Béjo.

Sur le plan des références, on revisite Chaplin et Buster Keaton, on repense à Citizen Kane (les scènes de déjeuners entre Valentin et son épouse, la façon de filmer le personnage principal, le magnifiant au départ, le diminuant à la fin, etc.), on danse comme Ginger Rogers et Fred Astaire et on est même étonné de retrouver des scènes rappelant les premiers westerns. On pense aussi beaucoup, à cause de cette histoire d'acteur n'ayant pas pu faire le lien entre le muet et le parlant, à Gloria Swanson dans Sunset Boulevard de Billy Wilder.

The Artist se déroule à la fin des années 20 et au début des années 30, alors que survient la Grande dépression et que la seule façon qu'ont les gens de se divertir est d'aller au cinéma. La pauvreté est partout et l'opulence reliée à la vie des stars fait rêver - est-ce que ça a beaucoup changé?-. L'ambiance morose est vraiment palpable, tant par rapport à l'histoire du personnage qu'en ce qui a trait aux nombreux chambardements économiques qui marqueront durablement le peuple américain.

Le film recèle aussi plusieurs éléments très originaux sur le plan formel. Par exemple, dans une scène où le personnage de Jean Dujardin prend conscience de l'importance qu'aura désormais le son au cinéma, le son des mouvements et des objets est magnifié alors que la voix de l'acteur est imperceptible. Une belle idée, tout comme celle d'établir, avec les titres de films à l'affiche, des liens avec l'histoire (The Lonely Star, The Guardien Angel, The Beauty Spot) qui nous est racontée.

The Artist est un film qui fait du bien, qui fait rêver et qui nous conforte dans notre amour indéfectible pour le médium cinéma.


Vite fait: J'ai trouvé que Gerry avait l'allure d'un mauvais téléfilm.

Également, j'ai regardé Pi, le premier long métrage de Darren Aronofsky, que je voulais voir depuis longtemps. Il s'agit d'un cinéaste que j'admire, et dont plusieurs films m'ont marquée, comme Requiem for a dream, The Wrestler ou Black Swan.

Disons que son premier film, devenu presque culte, est pour le moins perturbant. Il s'agit d'un genre de thriller paranoïaque dans lequel un mathématicien se lance à la recherche du nombre parfait... Moi qui suit très forte en chiffres, je ne suis pas certaine d'avoir tout capté.

Mais tel que discuté avec des amis, la rencontre entre le mysticisme et les mathématiques, assez provocatrice, promettait beaucoup et annonçait la venue d'un esprit particulier, d'un cinéaste qui ose, tant dans le fond que dans la forme.

mercredi 4 janvier 2012

The Artist - Official Trailer [HD]

Starbuck - Official Trailer [HD]

The Debt - Official Trailer [HD]

The Change Up - Official Trailer [HD]

The Debt, Starbuck, The Change Up - À louer?

The Debt

Oui, à louer, mais The Debt est selon moi un film décevant à cause de sa finale complètement ratée. Pourtant, le tout avait plutôt bien commencé, et le film s'annonçait comme un excellent thriller d'espionnage. L'histoire de ces trois espions vieillissants qui se font rattrapper par leur passé lors d'un gala en leur hommage est au départ enlevante. On devine qu'un secret important unit les espions, interprétés avec brio par Helen Mirren, Tom Wilkinson et Ciaran Hinds.

Le film nous transporte alors environ 25 années plus tôt, lors de la fameuse mission que ces trois agents du Mossad ont eu à accomplir à Berlin. Ils devaient capturer un ancien crimimel nazi dans le but de lui faire subir un procès. Évidemment, la mission ne se déroulera pas comme prévu...

Le cinéaste John Madden, qui nous avait donné le selon moi surévalué Shakespeare in love, parvient à intéresser le spectateur jusqu'aux deux tiers du film, surtout grâce à la très impressionnante Jessica Chastain, qui interprète la jeune Rachel Singer, qui se retrouve au coeur de l'intrigue. Ensuite, au bas mot, ça se gâte.

En fait, le problème survient lorsque l'on revient au présent (en 1997). Sans en dire trop, disons que Rachel devra se replonger dans cette histoire dans le but de régler le problème une fois pour toutes. Sauf que la quête est totalement invraisemblable, et ses actions sont incompréhensibles et entrent en conflit avec les agissements de sa version jeune...

Franchement, cette histoire aurait gagné en intérêt si elle avait eu une finale mieux fignolée, plus subtile. Et la fin gâche tout le reste car c'est ce dont on se rappelle lorsque l'on repense au film.

The Debt est le remake d'un film israélien. J'aimerais le voir pour m'assurer que la fin n'a pas été 'américanisée'... euh je veux dire transformée 'pour plaire à un public plus large'.


Starbuck

Starbuck fait partie de ces films qu'on dit à louer, devant lesquels on ne s'ennuie pas mais auxquels on ne repense pas vraiment.

On passe effectivememnt de bons moments en compagnie de ce David Wosniak, un genre paumé géniteur de 533 enfants dont une bonne partie décide qu'elle veut le rencontrer. Son interprète, Patrick Huard, est très crédible dans son rôle, parvenant à rendre sympathique ce personnage criblé de dettes, sorte d'adulescent légèrement déséquilibré.

Le film n'évite aucun cliché, tant dans l'élaboration de la personnalité des enfants dont Wosniak deviendra en quelque sorte l'ange gardien (le 'Emo' sensible, la droguée, l'acteur à la recherche de lui-même, l'homosexuel), que dans la relation que David entretient avec sa blonde, son père, ses frères et son meilleur ami avocat. On voit arriver les situations dramatiques de loin, ainsi que la fin, très prévisible.

Toutefois, le film distille un charme certain, et il fait du bien. Les dialogues sont très réussis, à la fois surréalistes et étonnamment crédibles. On rit, on est touché, on passe un bon moment devant un film de qualité. C'est déjà pas mal.



Enfin, pour The Change up, je dirais oui, à louer, mais seulement si vous ne filez pas et que vous voulez vous remonter le moral. Contre mon gré, j'ai bien rigolé devant ce film complètement invraisemblable. Ne vous fiez pas au trailer, mais bon, on s'entend que ça ne vole pas haut!

Crazy Stupid Love - Official Trailer [HD]

'Beginners' Trailer HD