

The Bang bang club n'est pas un très bon film, mais la réalité qu'il décrit est assez percutante pour en faire un film d'intérêt.
Basé sur une histoire vraie, on y suit les aventures d'un groupe de photographes de guerre basé en Afrique du Sud durant les années 90, alors que de grands bouleversements politiques créent un climat de tension et de violence hors du commun. Ces photographes, dont le groupe prendra le nom de Bang Bang Club, n'ont pas peur de se rendre au coeur du conflit. Ils sont téméraires et complètement dévoués à leur art. Leur folie et leur amour de l'adrénaline les mènera d'ailleurs tous à leur perte.
Plusieurs photographies prises par les hommes de ce groupe durant cette période deviendront célèbres, deux d'entre eux gagneront d'ailleurs un prix Pulitzer (voir photos). Mais avec la célébrité viendra, de la part du public, le questionnement éthique associé à ce genre de photos. En effet, les photos parlent d'elles-mêmes: comment être dans le feu de l'action à ce point et rester, malgré tout, en retrait et ne pas intervenir lorsque l'on est témoin d'atrocités? Dans le cas de la petite fille, plusieurs demandaient si au moins, le photographe avait éloigné le au vautour... Vous me direz que là n'est pas leur rôle. Vrai. Mais de toute évidence, ces questionnements ont eu une incidence sur l'homme qui a pris cette photo, puisqu'il fut par la suite rongé par le sentiment de culpabilité.
Toutefois, il manque quelque chose à ce film. Le problème est-il au niveau du scénario? Pourtant, le scénario se base sur le livre écrit par les deux survivants du groupe, Joao Silva (à qui il manque désormais deux jambes, lui qui a marché sur une mine en Afghanistan en 2010) et Greg Marinovich. Est-ce à cause de l'interprétation? Assurément: tous les acteurs jouent faux, surtout Ryan Philippe. Je m'étonne toujours de constater à quel point cet acteur est mauvais et semble légèrement simplet. Suis-je la seule?
Le problème est-il relié au fait qu'il s'agit du premier long métrage de fiction de Steven Silver, plutôt un habitué du documentaire? Difficile de mettre le doigt dessus, mais il est clair que le processus d'identification aux personnages tarde à s'enclencher...
Par contre, la recréation des célèbres photos dans le film est extrêmement juste et impressionnante. Également, il s'agit d'un sujet original, rarement traité au cinéma. Et le climat intense qui régnait en Afrique du Sud et au Soudan durant les années 90 est rendu de façon très percutante.
Et il est impossible de voir ce film sans y repenser, sans se questionner, sans être scandalisé par l'impasse totale dans laquelle semble se trouver l'Afrique, et ce, depuis longtemps. Le film pose des questions à la fois philosophiques et éthiques. Il nous confronte par rapport à notre position d'occidentaux qui sommes avides d'images poétiques de la souffrance des autres.
Un film intéressant à revoir à propos de la vie d'un photographe en zone de guerre: The killing fields, de Roland Joffé.
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