jeudi 15 décembre 2011

The Devil's Double

Ouf!! Ce film m'a marquée, et ça m'en prend tout de même pas mal. J'y pense depuis une semaine. Voici enfin un film de qualité, porté par un acteur exceptionnel et un scénario (basé sur une histoire vraie) totalement hors du commun. Toutefois, les critiques sont mitigées. On aime ou on n'aime pas. J'aime.

Oui, cette histoire, qui raconte une partie de la vie d'Uday Hussein, fou furieux et fils de Saddam durant son règne sanguinaire, est racontée avec beaucoup de clinquant et une violence parfois difficile à supporter. Par contre, il faut comprendre que le point de vue est celui de Latif Yahia. Latif est en fait un ancien compagnon de classe d'Uday, qui, malheureusement pour lui, ressemble de façon confondante au fils du dictateur. Il devra donc, sous la menace et pendant une longue période, être le double d'Uday, allant au front à sa place et faisant pour lui sa bien basse besogne. Latif goûte donc au luxe et à la volupté, mais il est aussi témoin de meurtres et de viols perpétrés par un homme qui n'est pas sain d'esprit.

Réalisé par Lee Tamahori, ce Néo-zélandais qui nous avait donné le magnifique et cru Nous étions guerriers, le film est très perturbant. On a en effet l'impression d'être témoins, au même titre que Latif, de la folie humaine et des dérives sadiques et sanguinaires dont les fils de tirans sont parfois capables.

Impossible ici de passer sous silence le travail extraordinaire de Dominic Cooper, qui joue à la fois Uday et Latif, qui sont souvent dans le même plan. Avec une grande subtilité, Cooper parvient à les rendre complètement différents, que ce soit à travers un éclat de folie dans un oeil pour un, ou une légère retenue par rapport à la gestuelle pour l'autre.

J'y ai rêvé - le fou de balançait dans une poubelle la tête en bas et me tirait une balle dans chaque talon - et j'y rêve encore. J'ai fait de nombreuses recherches, pour m'apercevoir que la plupart des événements présents dans le film étaient véridiques. Il semble même que la violence des événements a été diminuée, sinon le public n'y aurait pas cru... Ça donne froid dans le dos.

Il est vrai que le scénario du film souffre parfois de certaines répétitions en ce qui a trait aux agissements d'Uday, et on pourrait y voir une vision américanisée de l'Irak, donc une vision quelque peu unidimensionelle. Mais cela n'empêche pas le film d'être divertissant, perturbant et de rester en tête longtemps. C'est déjà beaucoup!

Ne vous fiez pas à la pochette, qui j'avoue ne donne pas le goût de louer le film.
Et comme toujours, si vous détestez, je suis ouverte aux débats!

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