Difficile de décrire l'effet qu'a eu chez moi le film Incendies. En sortant de la salle de cinéma, on est abasourdis, les bras nous tombent, la mâchoire aussi. Puis, on y réfléchit, on se remémore certaines scènes, on se dit qu'il y en a qui ont des vies plus difficiles que d'autres. Puis, après deux jours, on s'aperçoit que le film nous habite toujours, tel un malaise qui nous brise le coeur sitôt qu'il nous effleure l'esprit.
Incendies est selon moi un film vraiment extraordinaire, justement parce qu'il est tellement profond qu'on ne s'en débarrasse pas si facilement. C'est superbement réalisé (j'adore les films en 'chapitres') et photographié (par André Turpin), le passage du théâtre au cinéma se fait habilement, et l'histoire de cette femme est tout bonnement fascinante.
Cette femme, c'est Nawall Marwan (interprétée par Lubna Azabal, carrément troublante), dont l'histoire nous est racontée en une sorte de crescendo, où tous les fils (fils) finissent par se toucher pour culminer en une explosion finale. Puis, il y a ses enfants, les jumeaux Simon et Jeanne, qui devront partir, à la suite de la lecture du testament de leur mère, à la recherche de leur propre identité. Une identité plutôt trouble.
Ma seule réserve par rapport à ce film, c'est Maxim Gaudette. Très bon acteur, il semble ici à côté de la plaque, tant dans ses dialogues que dans sa façon de jouer. Et j'ai trouvé difficile à croire, physiquement, qu'il était originaire du Moyen-Orient. Par contre, Mélissa Désormeaux-Poulin est très convaincante, touchante et sincère.
Mais vraiment, c'est bien peu de chose à redire pour un film si intelligent, subtil et bien construit. Franchement, Denis Villeneuve est tout un cinéaste, et ce film est bouleversant. Si bouleversant qu'il est difficile d'en parler de façon éclairée sans prendre un peu de recul. On en reparlera peut-être dans quelque temps, en étudiant les aspects socio-politiques et religieux dont il est question. Mais pour l'instant, l'émotion est encore trop intense.
D'ailleurs, je vais m'arrêter ici avant d'en dire trop, car pour ceux qui n'ont pas vu la pièce de Wajdi Mouawad (le film en est une adaptation), on peut dire, au bas mot, que la fin est déroutante, et qu'on ne s'en remet pas si facilement.
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