lundi 6 septembre 2010

Chloe d'Atom Egoyan, une bonne bande annonce, un bien mauvais film

Ne vous laissez pas berner par la bande annonce, assez bien construire, car Chloe, d'Atom Egoyan, est complètement raté. Le seul intérêt du film réside selon moi dans l'immense beauté de Julianne Moore qui, à 49 ans, n'a absolument rien à envier à la petite Amanda Seyfried (vue dans les séries Véronica Mars et Big Love). Je dois avouer que je n'ai pas vu le film français d'Anne Fontaine, avec Fanny Ardant, Emanuelle Béart et Gérard Depardieu. Mais je ne crois pas que ce soit bien plus reluisant...

Cette femme donc, médecin accomplie (Moore), soupçonne son mari, professeur accompli (interprété par Liam Neeson), de la tromper avec ses étudiantes. Ils vivent avec leur fils dans une immense maison plutôt froide, et sont finalement tous les trois seuls et perturbés.
La femme, devenant de plus en plus suspicieuse, engage une prostituée (Seyfried) pour qu'elle fasse de la façon à son mari. Ainsi, elle aurait la preuve de ses infidélités. Mais une relation trouble se développe entre les deux femmes, et évidemment, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Le dénouement (que j'avais deviné après deux minutes de film) est censé nous surprendre grandement(!).

Il y a quelque temps, j'aimais beaucoup Atom Egoyan. Traitant également du désir obsessionnel et de la tentation, Egoyan nous avait donné Exotica (louez-vous ça au lieu de Chloé), un film où l'ambiguïté sexuelle est palpable et traitée de façon subtile et particulière... et où le dénouement est intéressant et original. En fait, Egoyan revisite dans Chloe les thèmes qui parsèment son oeuvre, tels l'incommunicabilité (entre la femme et son mari, la femme et son fils, la femme et la prostituée), la difficulté de résister aux tentations, quelles qu'elles soient, l'impossibilité de faire confiance à son prochain, mais il reste toujours à la surface et semble se perdre dans ses propres préoccupations - qui ne sont pas nécessairement les nôtres.
Et c'est justement le grand problème de ce film: on se fout éperdûment de ce qui arrive à ces personnages froids et égoïstes. Bien sûr, Egoyan étant un cinéaste expérimenté, les images sont sublimes, le désir palpable entre les personnages, et les dialogues, surtout ceux au cours desquels Chloe raconte à la femme de quelle façon elle se tape son mari, sont parfois intéressants. Mais il reste toujours une impression de grand ratage cinématographique.


À la gouverne du cinéaste, il est à noter que Liam Neeson a perdu sa femme, Natasha Richardson, durant le tournage, ce qui a passablement dû perturber l'ambiance sur le plateau.
Chapeau donc à Neeson, qui a eu le courage de continuer le tournage, mais qui devait vraiment se demander ce qu'il faisait là, si vous voulez mon avis.

Du même cinéaste, pour des variations sur le même thème, je vous conseille Exotica et Where the Truth Lies, deux excellents films.

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