The Runaways, film assez intéressant de Floria Sigismondi, est un film rebelle, dans le fond tout autant que dans la forme. Si, comme moi, vous avez un jour été fasciné par la culture punk des années 70-80 (et qu'il vous reste quelques mini graines de cette rébellion), vous serez assurément touchés par ce film, surtout si vous êtes une fille!
Car il s'agit d'une reconstitution des hauts et bas du groupe féminin The Runaways, dont Joan Jett était la fondatrice. Il s'agit donc de 5 filles dans le vent, qui font de la musique je dirais punk rock à une époque où les filles qui jouaient de la guitare électrique étaient très rares. Des adolescentes, donc, qui réussissent à attirer l'attention d'un producteur underground qui croit en elles (Kim Fowley). Elles seront vite dépassées par l'immense succès de leur groupe.
Bien sûr, les films sur les groupes de musique ou les biographies d'artistes sont fréquents. Mais celui-ci est différent dans sa facture visuelle et dans son montage, très expérimental. Tourné souvent à l'épaule, utilisant des plans très originaux et peu orthodoxes, le film est parfois franchement surprenant.
À la fois lent (certaines scènes sont très longues et ne semblent pas faire avancer l'histoire) et rapide (nous suivons les personnages sur une courte période de temps), le scénario est construit de façon très particulière. C'est peut-être ici que se trouve le défaut de ce film. On saute souvent du coq à l'âne et certaines scènes tombent à plat, mais en même temps, n'est-ce pas le propre du cinéma expérimental que de bouleverser les attentes?
Le film s'attarde surtout la chanteuse Cherie Currie, jouée avec brio par Dakota Fanning, qui ne pourra supporter la pression engendrée par ce type de vie, malgré un talent évident. On évoque sa relation avec Joan Jett, que Cherrie devra abandonner pour survivre. Il y a d'ailleurs de très belles scènes entre les deux jeunes filles (il ne faut pas oublier que Currie avait seulement 15 ans lorsqu'elle s'est jointe au groupe).
J'ai d'ailleurs beaucoup aimé les scènes de performances musicales (peut-être parce que j'aime leur musique). Les deux actrices se donnent corps et âmes, les voix sont précises, les caméras sont bien placées, bref, on y croit. Ces filles n'avaient rien à envier aux Sex Pistols et autres Ramones qui se sont fait une réputation de bêtes de scène.
Et franchement, Kristen Stewart est vraiment impressionnante en Joan Jett, dans son langage corporel comme dans son regard brillant. On croit à la rockeuse, ce qui n'est pas toujours le cas dans un Biopic.
Par contre, le film manque un peu de souffle à la fin, où les étapes de la fin du groupe (la chanteuse qui a toute l'attention, les disputes avec le producteur, l'éclatement du groupe et le succès inespéré de Joan Jett avec la pièce I Love Rock and Roll) sont démontrées avec un manque flagrant de subtilité, qui avait pourtant été présente depuis le début du film. De plus, il semble que la réalisatrice ait pris certaines libertés par rapport à la réalité, car si j’ai bien compris, le groupe a continué d’exister après le départ de Cherie Currie, ce dont il n’est absolument pas question dans le film.
Dommage, car j'ai peur que ce soient ces dernières scènes qui restent à l'esprit des spectateurs.
Bien sûr c’est un film imparfait, mais il est clair que l’esprit débridé et l’attitude punk et adolescente sont là. Et on aime ou pas, moi j’ai aimé.
Et la musique est tellement bonne! Que de souvenirs...
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