dimanche 6 novembre 2011

À louer...

D'abord, In a better world, de la réalisatrice danoise Suzanne Bier, qui nous avait donné le très intéressant Brothers, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un remake américain beaucoup moins intéressant (surprise!), est un film percutant. Gagnant de l'oscar du meilleur film en langue étrangère devant Incendies, on parle ici d'un film déstabilisant, peu agréable, mais étonnamment prenant et touchant.

Ciblant deux pré-adolescents dans un passage particulièrement intense de leur vie - l'un est le souffre-douleur de son école dont les parents sont en instance de divorce et l'autre vient de perdre sa mère -, la réalisatrice s'attarde à leurs questionnements et à leur façon de composer avec la fatalité.

En effet, ils seront témoins d'un événement qu'ils n'accepteront pas. Ainsi, le désir de vangeance grandira en eux et ils seront confrontés, bien jeunes, à des questionnements éthiques contemporains.

Les deux petits acteurs sont tout simplement géniaux. L'un est tellement intense qu'il en est épeurant, et l'autre, plus introverti, joue parfaitement la carte de l'enfant facilement manipulable, mais authentique et bon.

En effet, il est possible de se demander si la réalisatrice ne propose pas ici une réflexion sur le bien et le mal. L'un des enfants, froid et distant et ayant toujours des manvaises idées est-il le mal incarné? L'autre, battu mais aimant, représenterait-il le bien? Est-ce réducteur d'y voir un combat entre le bien et le mal? Ça reste à discuter. Mais le père d'un des enfants, médecin dans un camp de réfugiés en Afrique, est également confronté à ce genre de problème: doit-il soigner un homme qu'il sait être meurtrier devant un village qui le conspue? Ne devrait-il pas plutôt le livrer aux villageois pour qu'ils puissent se venger?
Il semble avoir de la difficulté à vivre selon les principes qu'il tente d'inculquer à son fils... En même temps le rapport entre les deux histoires n'est pas clair. Que veut nous démontrer la réalisatrice? Y a-t-il des moments où il est correct de se venger?

In a better world est un film difficile mais touchant. Le thème de la vengeance est universel et n'a pas d'âge. On est donc immanquablement happé par cette histoire. Mais le film m'a semblé, parfois, un peu prévisible, car le point de vue adopté n'est pas tellement nuancé. Il aurait selon moi été plus intéressant si la ligne directrice avait été plus floue et les zones grises plus présentes.


Ensuite, dans un tout autre ordre d'idées, une petite comédie américaine qui m'a fait beaucoup rire: Horrible Bosses... (en passant, la bande annonce ne rend pas honneur au film)

Je sais, les gags ne sont pas nouveaux, mais il est clair que les acteurs s'en sont donnés à coeur joie et qu'ils ont eu du plaisir à jouer dans ce film. Colin Farrel, Jennifer Aniston, Kevin Spacey, tous très drôles dans ces contre-emplois, personnalisant des patrons complètement farfelus. Les trois comparses qui voudraient bien s'en débarrasser sont tout aussi délirants, et il y a une réelle chimie entre les trois copains - mention spéciale à Charlie Day, de l'émission It's always sunny in Philadelphia, qui me fait toujours mourir de rire avec sa bouille d'éternel plaignard qui ne cesse de faire des gaffes.

Pour compléter cette distribution de haut niveau, Jamie Foxx est hilarant dans le rôle de Mutherfucker Jones, un simili gangster que les amis engagent à prix fort pour les aider à élaborer leurs meurtres... Évidemment,rien ne se déroulera comme prévu.

Ce qui est drôle dans ce film et qui fait du bien, c'est que c'est complètement non politiquement correct et que c'est assumé jusqu'à la fin. Ici, pas de morale bidon à la fin du film, chose qui survient assez souvent et qui a tendance à me tomber sur les nerfs assez intensément. Non, juste une partie de plaisir coupable, mais assumée.

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