lundi 10 octobre 2011

Drive, mon film de l'année... à date

Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, Drive, du Danois Nicolas Winding Refn, est selon moi un film extraordinaire, sur tous les plans. S'adonnant au maniérisme, c'est-à-dire basant son film sur de nombreuses références et interprétations de succès cinématographiques, de genres mythiques, d'acteurs marquants - penser, entre autres à Jimmy Dean, à qui Ryan Gossling, au sommet de son art, fait penser de façon troublante -, le cinéaste parvient à composer une ode au cinéma tout en réalisant une grande oeuvre d'art.

Voir ce film au cinéma est selon moi essentiel, car il s'agit d'embarquer dans la voiture et de se laisser transporter dans le monde du cinéma, dans une ambiance dont on ne sort pas indemne...

Le scénario, selon moi volontairement déjà vu, nous transporte à Los Angeles, évidemment, où un cascadeur automobile (Gosling - perturbant et sexy à souhait), arrondie ses fins de mois en faisant le chauffeur lors de petits vol. On parle ici d'un as du volant... Malgré lui, il se fait embarquer dans une histoire qui le dépasse lorsqu'il s'attache à sa voisine (Carey Mulligan) et son fils. Une histoire que l'on a déjà entendue, mais dont le cinéaste réussit à déplacer le sens à travers des pirouettes visuelles et une utilisation parfaite des références au 7ième art.

L'important, ici, c'est l'image. L'image, les mouvements des acteurs, les ralentis, le montage, la musique extraordinaire, les regards, les décors, le papier peint sur les murs, les costumes, les sourires: tous les détails sont travaillés, étudiés, et renvoient incontestablement à autre chose, sont toujours totalement détournés de leur signification première. C'est parfois un peu déroutant et cela demande du travail de la part du spectateur, une sorte d'adaptation est parfois nécessaire, car le cinéaste semble aimer dérouter...

Par exemple, le film, qui était jusque-là somme toute plutôt tranquille, devient après une heure tout à coup hyperviolent, voire presque gore. On pense alors immanquablement à Tarantino, à qui plusieurs références parsèment le film. Mais il y a aussi un aspect onirique, une musique, une ambiance sonore et une façon très ambigüe de cerner les personnages - nous nous demandons sans cesse s'ils sont bons ou méchants - qui rappellent David Lynch, un aspect guerrier solitaire qui nous ramène aux westerns, des décors qui nous rappellent les films de gangster des années 70 et dont les ballades en voiture, en solitaire et au ralenti, font écho au plus connu des taxi driver.

Bref, Refn, qui nous avait aussi donné le film Bronson, génial à sa façon, est sans contredit un amoureux fini du cinéma. Il a ici réussi à faire un film génial, touchant et dérangeant, dont le trailer me donne encore des frissons. Un vibrant hommage au cinéma, et un acteur dont la dégaine rappelle celle des plus grands. Vraiment, le meilleur film que j'ai vu cette année.

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