J'ai détesté Somewhere de Sofia Coppola, moi qui avait pourtant adoré The Virgin Suicides et Lost in Translation, et qui avait défendu, dans la mesure du possible, son Marie-Antoinette. Mais là, c'est trop. D'abord, cette 'histoire' tournant autour d'un acteur blasé qui a accès aux plus grands luxes mais qui est déprimé (hon!), perdu et qui a oublié ses valeurs primaires n'est ni intéressante ni nouvelle.
De plus, le style contemplatif que Coppola préconise ici, rappelant le cinéma expérimental et la Nouvelle Vague n'était, selon moi, pas nécessaire. Je comprends l'idée derrière cette façon de traiter son sujet, faisant ressentir au spectateur l'ennui et le vide que vit son personnage. Sauf que l'ennui et la perte de repères finit par être bel et bien présent chez le spectateur, qui a très souvent envie de faire aller le fast-forward, plutôt que de s'extasier devant l'idée de filmer durant dix minutes une petite fille qui fait du patinage artistique, ou de répéter deux fois la même scène (!!), représentant des danseuses à poteau dans une chambre d'hôtel. N'est pas Gus Van Sant qui veut - en effet, Gerry, Paranoid Park et même Elephant donnaient dans la contemplation, mais le cinéaste évite toujours de donner un aspect prétentieux à ses expérimentations, ce à quoi Sofia Coppola n'échappe pas, de toute évidence.
Cela dit, la petite Elle Fanning a un grand talent, sa personnalité est pétillante et elle donne un peu d'humanité à ce film qui en manque totalement. Elle interprète la fille du personnage principal, un acteur désabusé qui habite au Château Marmont, à Los Angeles, hôtel très célèbre pour ses résidents hors du commun. Lorsque sa mère quitte la ville pour un certain temps, la petite retrouve ce père-enfant qu'elle connaît peu. Évidemment, elle risque de transformer cet homme...
En fait, le problème avec ce film réside entre autres dans le fait que comme le personnage de Stephen Dorff est complètement antipathique, on se fout éperdument de son destin, ce qui est délicat lorsqu'il est question d'un art qui repose beaucoup sur le processus d'identification. Également, je suis désolée de le dire si crûment, mais j'ai trouvé ce film profondément chiant et prétentieux. Sofia Coppola semble penser que quelques effets de style peuvent compenser un scénario mal écrit et mal construit.
Certains critiques y ont vu un film fin et touchant... ainsi qu'une réflexion sur la rançon de la gloire et le sytème hollywoodien, particulièrement intense pour ces pauvres vedettes. Il faut croire que la misère des riches ne touche pas tout le monde d'égale façon.
Si vous avez aimé, je suis très ouverte à la discussion!
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