D'abord, À l'origine d'un cri, de Robin Aubert, film masculin, difficile, où trois générations d'hommes d'une même famille se confrontent, se rapprochent, se déchirent. Il y a d'abord le plus jeune, joué par Patrick Hivon, un enragé qui semble incapable de s'engager dans sa propre vie, probablement à cause d'un traumatisme d'enfance. Son père, interprété par Michel Barrette, est au bas mot bouleversé par la mort de sa jeune femme et décide de déterrer son cadavre, pour partir avec elle. Son fils (Hivon) et son père, que campe Jean Lapointe avec grand talent, se lancent donc à sa recherche pour tenter de lui faire entendre raison. Trois générations d’hommes dont la vie ne fut pas facile se confronteront donc au milieu de routes désertiques et de paysages à la fois déprimants et grandioses.
Ainsi, il s'agit d'un genre de road movie, où des âmes écorchées sortent les émotions de leurs tripes pour la première fois de leur vie. En effet, Aubert se penche de toute évidence sur les problèmes que semblent éprouver les hommes à communiquer, la vérité sortant souvent 'tout croche' après une soirée bien arrosée.
Bien que reconnaissant les nombreuses qualités de ce film, notamment en ce qui a trait à la direction d'acteurs, et considérant en général le travail et la personnalité de Robin Aubert intéressants, j'ai trouvé difficile d'être touchée par cette histoire d'hommes refermés sur eux-mêmes qui semblent sortir des années 60. Les dialogues m'ont semblé plaqués, bien écrits mais justement, trop écrits. Également, l'image de la femme est à la fois celle de la castratrice, de la mère et de l'objet, ce qui m'a paru cliché.
Par contre, les thèmes abordés, dont celui de la filiation, de la transmission et de l'amour familial sont intéressants et traités avec une émotion à fleur de peau. Certains seront certainement bouleversés par ce film, dépendamment, j'imagine, de leur histoire et de l’endroit où ils sont nés. Mais honnêtement, si cela est un portrait de la masculinité au Québec, on est bien mal barré.
Dans un tout autre ordre d'idées et d'ambiance, Morning Glory est un petit film qui se regarde plutôt bien, tout en étant loin du chef d'oeuvre. Se déroulant dans le milieu de la télévision, plus spécifiquement celui des émissions de placotage matinales, véritable institution aux États-Unis (on n'a qu'à penser au Today Show). Ces émissions, qui donnent un peu de nouvelles, font la météo, de la cuisine et qui parlent beauté et enfants sont, il est vrai, un puits sans fond de situations comiques...
Ici, on suit une jeune productrice ambitieuse, jouée par Rachel McAdams - assez douée quoiqu'un brin survoltée - embauchée en dernier recours pour donner un coup de jeune à Daybreak, émission matinale qui est en sévère trouble financier et qui obtient bien peu de cotes d'écoute. L'animatrice, interprétée par Diane Keaton, très drôle, a besoin d'un acolyte car son coanimateur, très peu professionnel, a été mis à la porte.
C'est ainsi que Becky (McAdams) va chercher les services d'un grand journaliste sur le déclin qui vient de perdre son emploi mais qui est encore sous contrat avec la chaîne. Bourru, arrogant, désagréable, Mike Pomeroy, interprété par Harrison Ford, offre de beaux moments, surtout dans sa relation avec Colleen Peck, le personnage de Diane Keaton.
Évidemment, c'est dans les acteurs que réside l'intérêt de ce film, ainsi que, peut-être, dans la mini-critique de la société médiatique - par exemple, on nous fait comprendre que le public est capable de réflexion, est ouvert à autre chose que les conseils à propos d'animaux domestiques - qui s'en dégage. Mais c'est également le problème de ce film, car il se veut critique, mais il ne va pas au bout de cette idée. On l'aurait voulu plus acerbe, corrosif - pour cela, louez-vous 30 Rock.
Bref, un film divertissant, au rythme soutenu du début à la fin et porté par des acteurs au sommet de leur art. Si vous êtes dans le mood...
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