dimanche 18 septembre 2011

Midnight in Paris - Que de plaisirs...

D'emblée, je dois dire que je vais toujours voir les films de Woody Allen avec un a priori positif. Donc, bien que peu convaincue au début, trouvant la galerie d'images de la ville de Paris présentées par Allen franchement ringardes, voire clichées, j'ai finalement été happée par le scénario, imaginatif et désarçonnant.

L'histoire ce cet homme, un scénariste original et cultivé à l'imagination débordante contraint par la vie à brimer cette impulsion et à travailler de façon mécanique, s'étant laissé entraîner un peu malgré lui dans une relation qui ne lui convient pas, est touchante.

Arrivé à Paris avec sa fiancée superficielle et peu sympathique (Rachel McAdams, superficielle et peu sympathique) et les parents de celle-ci, Gil, qui tente sans succès d'écrire un livre, est tant inspiré par la Ville Lumière qu'il permet à son imagination de prendre le dessus, à sa céativité de s'émanciper. C'est ainsi que le soir venu, il est transporté dans le Paris des années 20, époque qui représente pour lui le summum du bon goût et de l'audace. Il y rencontre, par pur hasard évidemment, tous les peintres et écrivains qui l'ont inspiré au cours de sa vie et grâce à qui il est devenu scénariste. Il passe avec eux des soirées mémorables, au cours desquels ces génies passés à l'histoire lui exposent leurs théories et lui expliquent leur oeuvre, tout en le considérant comme l'un des leurs.

Le jour, par contre, il est contraint de visiter la ville de toute autre façon, en compagnie de sa fiancée et de deux amis de celle-ci, Paul (Michael Sheen, hilarant) et Carol, des gens blasés et prétentieux, ce qui donne lieu à des scènes franchement joussive. Par exemple, alors que Gil s'est fait expliqué la veille, par Picasso lui-même, la signification profonde d'une de ses toiles énigmatiques, Paul lui sert de fausses banalités auxquelles il croit profondément, ainsi que tous les autres, pendus à ses lèvres... Tant de choses, la nuit venue, à raconter à Dali, à Bunuel ou à Hemingway!

Owen Wilson trouve ici un rôle qui lui sied à merveille. Jamais on ne l'avais vu si à l'aise, si drôle, si pertinent. Vraiment, une révélation. Bien sûr, comme toujours, les personnages secondaires énigmatiques abondent, d'autant plus qu'ici il s'agit de Toulouse-Lautrec, de Zelda et Scott Fitzgerald, ou encore de Louis IV (ah oui, on ne se balade pas que dans les années 20)!

On pense à La Rose pourpre du Caire et à Deconstructing Harry (à voir ou à revoir) ou au segment Oedipus Wrecks dans New York Stories - génial - pour l'originalité du scénario et les libertés prises avec le réel, le vraisemblable. Vraiment, un Woody Allen original et sans prétention. Ne manque que lui, bien que son nouvel alter ego, Owen Wislon, semble tout à fait à sa place.

Midnight in Paris est un film qui, étonnamment, est à la fois nostalgique et contemporain. Vrai qu'on a toujours l'impression que notre époque est moins intéressante que celles qui nous ont précédé. Vrai aussi qu'on a parfois l'impression de passer à côté de notre propre vie, de ne pas faire les bons choix, de se laisser embarquer dans une machine qui fait avancer le temps sans même que nous nous en apercevions.

Un bon Woody Allen, selon moi le meilleur depuis Match Point.

dimanche 28 août 2011

Quelques films américains loués cet été - vite fait

Je vous présente aujourd'hui trois films américains loués cet été. Trois films très bien faits, au potentiel évident et à l'idée de départ très intéressante. Mais comme souvent, la bonne idée a tendance à s'affriter à cause d'un traitement final moralisateur à l'eau de rose...

The adjustment bureau
Bien que complètement invraisemblable, The Adjustment Bureau recèle un charme particulier, probablement grâce aux acteurs Matt Damon et Emily Blunt. Damon y interprète David Norris, un candidat politique new-yorkais assez carriériste qui tombe amoureux d'une danseuse libre d'esprit. Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que ce n'est pas le destin qu'avaient tracé pour Norris les hommes du Adjustment Bureau.
Ils font donc tout pour empêcher les amoureux d'être ensemble.

Le film, inspiré d'une nouvelle de Philip K.Dick, commence très bien, le scénario étant construit de façon rythmée et la problématique de départ provoquant immanquablement des questionnements profonds. En effet, nous nous questionnons aussitôt sur notre propre destinée. Dans ce monde où tous savent toujours où nous nous trouvons, ce que nous faisons, ce que nous achetons, sommes-nous réellement libres de notre destin? L'amour est-elle la dernière chose authentique qu'il nous reste?

Intéressant. Mais malheureusement, la fin du film gâche selon moi tout le reste tant elle est profondément prévisible et sans originalité, ainsi que quelques scènes comiques (le collègue du héros) complètement décalées par rapport au reste du film, qui nous laissent parfois pantois...

Limitless
Selon moi le meilleur de ces trois films, j'ai beaucoup aimé Limitless, justement parce qu'au moment précis où l'on croit que le film va basculer dans la morale ostentatoire, c'est vers l'opposé que le scénario se dirige.

Ici, un jeune écrivain très paumé (Bradley Cooper), qui vient de se faire larguer par sa copine (Abbie Cornish), se fait offrir, par une vieille connaissance, une drogue lui permettant d'utiliser son cerveau à son plein potentiel. Ce qui s'annonçait comme une expérience devient vite un mode de vie, car le chemin tracé pour le héros est ici complètement transformé.

En effet, il accède vite à des sphères de pouvoir autrefois totalement incongrues pour lui, tout en flirtant avec la pauvre pègre pour se procurer ses pilules miracles. Contraste intéressant, et nous en venons évidemment à nous demander dans lequel de ces monde on retrouve les plus grands criminels.

Bien que le scénario souffre de certains écueils - on saute souvent du coq à l'âne, certaines scènes sont très prévisibles et les personnages secondaires trop peu travaillés, surtout celui de la copine, qui semble être là seulement comme faire valoir du héros -, visuellement et auditivement, les scènes au cours desquelles le personnage est drogué sont magnifiques, ainsi que plusieurs plans (voir le plan séquence du début, où l'on avance hyper rapidement dans la ville de New York). Musique rythmée, couleurs particulières et flous auditifs et visuels rendent parfaitement compte des trips du personnage.

Le film pose aussi des questions intéressantes sur la nature humaine, sur notre rapport au succès (le nôtre ou celui de quelqu'un de proche), sur les grandes ambitions qu'il faut savoir gérer... À voir si vous ne voulez pas trop vous casser la tête, mais que vous voulez en avoir plein les yeux.


Unknown
Un peu moins intéressant que les deux films ci-haut, Unknown, basé sur le roman Hors de moi de Didier Van Cauwelaert, avait pourtant bien commencé. L'arrivée dans une ville inconnue (ici, Berlin), pour un congrès, d'un médecin et de sa femme un peu mystérieuse attirent l'intérêt. L'atmosphère est froide, bleutée, rien n'est rassurant. On pressent que le séjour du couple ne sera pas de tout repos.
Mais rapidement, les péripéties vécues par les personnages me sont parues sans intérêt.

Car ici, on assiste au problème inverse. C'est-à-dire que la fin est assez surprenante merci, voire assez bonne. Mais le film comme tel est tellement invraisemblable que l'on se désintéresse complètement des personnages et de ce qui peut bien leur arriver. Donc, arrivés à la scène finale, très réussie, on ne peut s'empêcher de repenser aux détails qui semblent manquer, aux trous scénaristiques, aux batailles inutiles. Mais je suis certaine que le livre est bon et je ne crois pas que le cinéast espagnol Jaume Collet-Serra, qui nous avait donné The Orphan (À voir! Mais pas seule le soir), soit en cause...

Quant aux acteurs, Liam Neeson est égal à lui-même, fâché au regard à la fois perçant et inquiétant, dans le sens où on se demande toujours s'il est pas un peu cinglé. January Jones, que je trouve magnifique de retenue, de sobriété et de subtilité dans le rôle de Betty Draper dans Mad Men est ici somme toute assez mauvaise. On peine en effet à croire à son personnage. Et vraiment, Diane Kruger en chauffeur de taxi? Difficile à croire...

Relouez-vous Frantic, le chef-d'oeuvre de Roman Polanski, dont le film s'inspire de toute évidence. Vous serez bien plus surpris, touchés et aurez moins l'impression d'avoir perdu votre temps.

dimanche 31 juillet 2011

Kaboom - Official Trailer [HD]

Kaboom - une fantaisie complètement décalée

J'ai beaucoup aimé ce film, sorte d'ovni inclassable mais film extrêmement amusant. En fait, lorsque l'on regarde ce film, on a l'agréable impression d'être devant une oeuvre originale dont on ne peut deviner la fin, ni d'ailleurs les cinq minutes qui s'en viennent. Il s'agit à la fois d'un film de collège, de science-fiction, de théorie du complot, de sexe et d'érotisme, tout cela se conjuguant dans une espèce de délire post-apocalyptique. Et c'est selon moi très réussi.

L'histoire? Difficile à dire, surtout si on ne veut pas donner trop de punch... Mais disons que nous assistons au départ dans la vie de collégien de Smith, ouvert aux expériences sexuelles de toutes sortes et passant la plupart de son temps avec sa bonne amie Stella. Après une expérience hallucinogène particulière, Smith et ses amis se mettent à éprouver d'étranges symptômes et sont témoins d'événements pour le moins dérangeants... Réalité? Délire paranoïaque? Monde parallèle? À nous d'en décider.

En fait, le film commence comme tous les films de collège américains, avec un antihéros original, à l'écart de la masse et à la sexualité un peu trouble, qui éprouve de la difficulté à se reconnaître dans ce monde du paraître et de la consommation. Mais rapidement, le récit bascule dans une sorte de bizarrerie hallucinante, où tous se révèlent être autre chose que ce qu'ils voulaient bien laisser paraître. Les dialogues sont souvent particulièrement amusants, et les effets spéciaux, un peu passés date, ajoutent à l'aspect kitch et vieille école distillé par ce film.

Bien que la fin soit un peu expéditive et pour le moins délirante, Kaboom est en fait un film de série B très trash et peu politiquement correct qui porte un regard particulier sur le monde, entre autres sur le monde de l'adolescence, plein de contradictions et d'espoirs souvent déçus. Mais attention, on est loin de Breakfast Club!

Bien sûr, je comprendrai que vous voyiez plutôt ce film comme un exercice de style fait par un réalisateur qui se veut très branché et provocateur, mais qui vise parfois à côté de la plaque. Je suis ouverte à la discussion...