dimanche 4 septembre 2011
dimanche 28 août 2011
Quelques films américains loués cet été - vite fait
Je vous présente aujourd'hui trois films américains loués cet été. Trois films très bien faits, au potentiel évident et à l'idée de départ très intéressante. Mais comme souvent, la bonne idée a tendance à s'affriter à cause d'un traitement final moralisateur à l'eau de rose...
The adjustment bureau
Bien que complètement invraisemblable, The Adjustment Bureau recèle un charme particulier, probablement grâce aux acteurs Matt Damon et Emily Blunt. Damon y interprète David Norris, un candidat politique new-yorkais assez carriériste qui tombe amoureux d'une danseuse libre d'esprit. Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que ce n'est pas le destin qu'avaient tracé pour Norris les hommes du Adjustment Bureau.
Ils font donc tout pour empêcher les amoureux d'être ensemble.
Le film, inspiré d'une nouvelle de Philip K.Dick, commence très bien, le scénario étant construit de façon rythmée et la problématique de départ provoquant immanquablement des questionnements profonds. En effet, nous nous questionnons aussitôt sur notre propre destinée. Dans ce monde où tous savent toujours où nous nous trouvons, ce que nous faisons, ce que nous achetons, sommes-nous réellement libres de notre destin? L'amour est-elle la dernière chose authentique qu'il nous reste?
Intéressant. Mais malheureusement, la fin du film gâche selon moi tout le reste tant elle est profondément prévisible et sans originalité, ainsi que quelques scènes comiques (le collègue du héros) complètement décalées par rapport au reste du film, qui nous laissent parfois pantois...
Limitless
Selon moi le meilleur de ces trois films, j'ai beaucoup aimé Limitless, justement parce qu'au moment précis où l'on croit que le film va basculer dans la morale ostentatoire, c'est vers l'opposé que le scénario se dirige.
Ici, un jeune écrivain très paumé (Bradley Cooper), qui vient de se faire larguer par sa copine (Abbie Cornish), se fait offrir, par une vieille connaissance, une drogue lui permettant d'utiliser son cerveau à son plein potentiel. Ce qui s'annonçait comme une expérience devient vite un mode de vie, car le chemin tracé pour le héros est ici complètement transformé.
En effet, il accède vite à des sphères de pouvoir autrefois totalement incongrues pour lui, tout en flirtant avec la pauvre pègre pour se procurer ses pilules miracles. Contraste intéressant, et nous en venons évidemment à nous demander dans lequel de ces monde on retrouve les plus grands criminels.
Bien que le scénario souffre de certains écueils - on saute souvent du coq à l'âne, certaines scènes sont très prévisibles et les personnages secondaires trop peu travaillés, surtout celui de la copine, qui semble être là seulement comme faire valoir du héros -, visuellement et auditivement, les scènes au cours desquelles le personnage est drogué sont magnifiques, ainsi que plusieurs plans (voir le plan séquence du début, où l'on avance hyper rapidement dans la ville de New York). Musique rythmée, couleurs particulières et flous auditifs et visuels rendent parfaitement compte des trips du personnage.
Le film pose aussi des questions intéressantes sur la nature humaine, sur notre rapport au succès (le nôtre ou celui de quelqu'un de proche), sur les grandes ambitions qu'il faut savoir gérer... À voir si vous ne voulez pas trop vous casser la tête, mais que vous voulez en avoir plein les yeux.
Unknown
Un peu moins intéressant que les deux films ci-haut, Unknown, basé sur le roman Hors de moi de Didier Van Cauwelaert, avait pourtant bien commencé. L'arrivée dans une ville inconnue (ici, Berlin), pour un congrès, d'un médecin et de sa femme un peu mystérieuse attirent l'intérêt. L'atmosphère est froide, bleutée, rien n'est rassurant. On pressent que le séjour du couple ne sera pas de tout repos.
Mais rapidement, les péripéties vécues par les personnages me sont parues sans intérêt.
Car ici, on assiste au problème inverse. C'est-à-dire que la fin est assez surprenante merci, voire assez bonne. Mais le film comme tel est tellement invraisemblable que l'on se désintéresse complètement des personnages et de ce qui peut bien leur arriver. Donc, arrivés à la scène finale, très réussie, on ne peut s'empêcher de repenser aux détails qui semblent manquer, aux trous scénaristiques, aux batailles inutiles. Mais je suis certaine que le livre est bon et je ne crois pas que le cinéast espagnol Jaume Collet-Serra, qui nous avait donné The Orphan (À voir! Mais pas seule le soir), soit en cause...
Quant aux acteurs, Liam Neeson est égal à lui-même, fâché au regard à la fois perçant et inquiétant, dans le sens où on se demande toujours s'il est pas un peu cinglé. January Jones, que je trouve magnifique de retenue, de sobriété et de subtilité dans le rôle de Betty Draper dans Mad Men est ici somme toute assez mauvaise. On peine en effet à croire à son personnage. Et vraiment, Diane Kruger en chauffeur de taxi? Difficile à croire...
Relouez-vous Frantic, le chef-d'oeuvre de Roman Polanski, dont le film s'inspire de toute évidence. Vous serez bien plus surpris, touchés et aurez moins l'impression d'avoir perdu votre temps.
The adjustment bureau
Bien que complètement invraisemblable, The Adjustment Bureau recèle un charme particulier, probablement grâce aux acteurs Matt Damon et Emily Blunt. Damon y interprète David Norris, un candidat politique new-yorkais assez carriériste qui tombe amoureux d'une danseuse libre d'esprit. Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que ce n'est pas le destin qu'avaient tracé pour Norris les hommes du Adjustment Bureau.
Ils font donc tout pour empêcher les amoureux d'être ensemble.
Le film, inspiré d'une nouvelle de Philip K.Dick, commence très bien, le scénario étant construit de façon rythmée et la problématique de départ provoquant immanquablement des questionnements profonds. En effet, nous nous questionnons aussitôt sur notre propre destinée. Dans ce monde où tous savent toujours où nous nous trouvons, ce que nous faisons, ce que nous achetons, sommes-nous réellement libres de notre destin? L'amour est-elle la dernière chose authentique qu'il nous reste?
Intéressant. Mais malheureusement, la fin du film gâche selon moi tout le reste tant elle est profondément prévisible et sans originalité, ainsi que quelques scènes comiques (le collègue du héros) complètement décalées par rapport au reste du film, qui nous laissent parfois pantois...
Limitless
Selon moi le meilleur de ces trois films, j'ai beaucoup aimé Limitless, justement parce qu'au moment précis où l'on croit que le film va basculer dans la morale ostentatoire, c'est vers l'opposé que le scénario se dirige.
Ici, un jeune écrivain très paumé (Bradley Cooper), qui vient de se faire larguer par sa copine (Abbie Cornish), se fait offrir, par une vieille connaissance, une drogue lui permettant d'utiliser son cerveau à son plein potentiel. Ce qui s'annonçait comme une expérience devient vite un mode de vie, car le chemin tracé pour le héros est ici complètement transformé.
En effet, il accède vite à des sphères de pouvoir autrefois totalement incongrues pour lui, tout en flirtant avec la pauvre pègre pour se procurer ses pilules miracles. Contraste intéressant, et nous en venons évidemment à nous demander dans lequel de ces monde on retrouve les plus grands criminels.
Bien que le scénario souffre de certains écueils - on saute souvent du coq à l'âne, certaines scènes sont très prévisibles et les personnages secondaires trop peu travaillés, surtout celui de la copine, qui semble être là seulement comme faire valoir du héros -, visuellement et auditivement, les scènes au cours desquelles le personnage est drogué sont magnifiques, ainsi que plusieurs plans (voir le plan séquence du début, où l'on avance hyper rapidement dans la ville de New York). Musique rythmée, couleurs particulières et flous auditifs et visuels rendent parfaitement compte des trips du personnage.
Le film pose aussi des questions intéressantes sur la nature humaine, sur notre rapport au succès (le nôtre ou celui de quelqu'un de proche), sur les grandes ambitions qu'il faut savoir gérer... À voir si vous ne voulez pas trop vous casser la tête, mais que vous voulez en avoir plein les yeux.
Unknown
Un peu moins intéressant que les deux films ci-haut, Unknown, basé sur le roman Hors de moi de Didier Van Cauwelaert, avait pourtant bien commencé. L'arrivée dans une ville inconnue (ici, Berlin), pour un congrès, d'un médecin et de sa femme un peu mystérieuse attirent l'intérêt. L'atmosphère est froide, bleutée, rien n'est rassurant. On pressent que le séjour du couple ne sera pas de tout repos.
Mais rapidement, les péripéties vécues par les personnages me sont parues sans intérêt.
Car ici, on assiste au problème inverse. C'est-à-dire que la fin est assez surprenante merci, voire assez bonne. Mais le film comme tel est tellement invraisemblable que l'on se désintéresse complètement des personnages et de ce qui peut bien leur arriver. Donc, arrivés à la scène finale, très réussie, on ne peut s'empêcher de repenser aux détails qui semblent manquer, aux trous scénaristiques, aux batailles inutiles. Mais je suis certaine que le livre est bon et je ne crois pas que le cinéast espagnol Jaume Collet-Serra, qui nous avait donné The Orphan (À voir! Mais pas seule le soir), soit en cause...
Quant aux acteurs, Liam Neeson est égal à lui-même, fâché au regard à la fois perçant et inquiétant, dans le sens où on se demande toujours s'il est pas un peu cinglé. January Jones, que je trouve magnifique de retenue, de sobriété et de subtilité dans le rôle de Betty Draper dans Mad Men est ici somme toute assez mauvaise. On peine en effet à croire à son personnage. Et vraiment, Diane Kruger en chauffeur de taxi? Difficile à croire...
Relouez-vous Frantic, le chef-d'oeuvre de Roman Polanski, dont le film s'inspire de toute évidence. Vous serez bien plus surpris, touchés et aurez moins l'impression d'avoir perdu votre temps.
dimanche 31 juillet 2011
Kaboom - une fantaisie complètement décalée
J'ai beaucoup aimé ce film, sorte d'ovni inclassable mais film extrêmement amusant. En fait, lorsque l'on regarde ce film, on a l'agréable impression d'être devant une oeuvre originale dont on ne peut deviner la fin, ni d'ailleurs les cinq minutes qui s'en viennent. Il s'agit à la fois d'un film de collège, de science-fiction, de théorie du complot, de sexe et d'érotisme, tout cela se conjuguant dans une espèce de délire post-apocalyptique. Et c'est selon moi très réussi.
L'histoire? Difficile à dire, surtout si on ne veut pas donner trop de punch... Mais disons que nous assistons au départ dans la vie de collégien de Smith, ouvert aux expériences sexuelles de toutes sortes et passant la plupart de son temps avec sa bonne amie Stella. Après une expérience hallucinogène particulière, Smith et ses amis se mettent à éprouver d'étranges symptômes et sont témoins d'événements pour le moins dérangeants... Réalité? Délire paranoïaque? Monde parallèle? À nous d'en décider.
En fait, le film commence comme tous les films de collège américains, avec un antihéros original, à l'écart de la masse et à la sexualité un peu trouble, qui éprouve de la difficulté à se reconnaître dans ce monde du paraître et de la consommation. Mais rapidement, le récit bascule dans une sorte de bizarrerie hallucinante, où tous se révèlent être autre chose que ce qu'ils voulaient bien laisser paraître. Les dialogues sont souvent particulièrement amusants, et les effets spéciaux, un peu passés date, ajoutent à l'aspect kitch et vieille école distillé par ce film.
Bien que la fin soit un peu expéditive et pour le moins délirante, Kaboom est en fait un film de série B très trash et peu politiquement correct qui porte un regard particulier sur le monde, entre autres sur le monde de l'adolescence, plein de contradictions et d'espoirs souvent déçus. Mais attention, on est loin de Breakfast Club!
Bien sûr, je comprendrai que vous voyiez plutôt ce film comme un exercice de style fait par un réalisateur qui se veut très branché et provocateur, mais qui vise parfois à côté de la plaque. Je suis ouverte à la discussion...
L'histoire? Difficile à dire, surtout si on ne veut pas donner trop de punch... Mais disons que nous assistons au départ dans la vie de collégien de Smith, ouvert aux expériences sexuelles de toutes sortes et passant la plupart de son temps avec sa bonne amie Stella. Après une expérience hallucinogène particulière, Smith et ses amis se mettent à éprouver d'étranges symptômes et sont témoins d'événements pour le moins dérangeants... Réalité? Délire paranoïaque? Monde parallèle? À nous d'en décider.
En fait, le film commence comme tous les films de collège américains, avec un antihéros original, à l'écart de la masse et à la sexualité un peu trouble, qui éprouve de la difficulté à se reconnaître dans ce monde du paraître et de la consommation. Mais rapidement, le récit bascule dans une sorte de bizarrerie hallucinante, où tous se révèlent être autre chose que ce qu'ils voulaient bien laisser paraître. Les dialogues sont souvent particulièrement amusants, et les effets spéciaux, un peu passés date, ajoutent à l'aspect kitch et vieille école distillé par ce film.
Bien que la fin soit un peu expéditive et pour le moins délirante, Kaboom est en fait un film de série B très trash et peu politiquement correct qui porte un regard particulier sur le monde, entre autres sur le monde de l'adolescence, plein de contradictions et d'espoirs souvent déçus. Mais attention, on est loin de Breakfast Club!
Bien sûr, je comprendrai que vous voyiez plutôt ce film comme un exercice de style fait par un réalisateur qui se veut très branché et provocateur, mais qui vise parfois à côté de la plaque. Je suis ouverte à la discussion...
lundi 11 juillet 2011
True Grit, western original
True Grit, le dernier film des frères Coen, est très réussi, à tous points de vue. Ce western, aux allures au préalable très conservatrices, finit par dégager une réelle originalité, tant dans les dialogues que dans le scénario et la direction photo.
Sous forme de quête initiatique, on accompagne d'abord la très jeune Mattie Moss (extraordinaire Hailee Steinfeld, qui fut d'ailleurs très difficile à trouver) dans sa poursuite contre l'assassin de son père. Pour le moins tête de pioche, elle réussit à convaincre un vieux marchall alcolo et bourru (toujours très cool Jeff Bridges) de l'accompagner dans son périple. La petite sera confrontée à bien des situations, mais la peur ne semble pas, au départ, être un sentiment qui l'habite. Se joindra à leurs recherches un ranger texan (Matt Damon) peu sympathique, également à la recherche du fameux Tom Chaney (Josh Brolin). Voilà, le trio improbable de chaque bon western est établi, et évidemment, les rôles du bon, de la brute et du truand s'interchangeront devant l'adversité, chacun ayant sa propre façon de faire face à son destin.
Les dialogues à l'humour noir et corrosif - une constante dans les films des frères Coen - et les images magnifiques et poétiques, toujours teintées d'une touche de froideur glaciale et d'une brume qui inspire à la fois crainte et courage, font de ce film une oeuvre véritablement originale. Et que dire de Jeff Bridges, qu'il nous fait plaisir de revoir chez les Coen, plus de 12 ans après le cultissime Big Lebowski? Sa présence est totalement enivrante, et l'acteur occupe entièrement l'écran, filmé de façon à magnifier son physique déjà imposant. Mais voilà, ce personnage grossier et violent se fait tout de même mener par le bout du nez par une petite fille manipulatrice et décidée. Évidemment, la petite prenant conscience de ce qu'il y a de plus laid et de lâche en ce bas monde, sa confiance à toute épreuve se transforera peu à peu en crainte et en peur, et son désir de vengeance deviendra plutôt une quête personnelle lui permettant de s'affranchir.
En fait, comme toujours, les frères Coen ont réussi à réinventer un genre cinématographique en parvenant à le déconstruire sans le dénaturer. En effet, il y a une véritable modernité dans l'image, la couleur, les dialogues, bien que tous ces éléments soient savamment étudiés et construits pour faire référence au passé.
Le film est le remake d'un film culte datant de 1969, mettant en vedette le fameux John Wayne. Il serait intéressant de le voir pour prendre conscience des changements apportés.
À voir!
Sous forme de quête initiatique, on accompagne d'abord la très jeune Mattie Moss (extraordinaire Hailee Steinfeld, qui fut d'ailleurs très difficile à trouver) dans sa poursuite contre l'assassin de son père. Pour le moins tête de pioche, elle réussit à convaincre un vieux marchall alcolo et bourru (toujours très cool Jeff Bridges) de l'accompagner dans son périple. La petite sera confrontée à bien des situations, mais la peur ne semble pas, au départ, être un sentiment qui l'habite. Se joindra à leurs recherches un ranger texan (Matt Damon) peu sympathique, également à la recherche du fameux Tom Chaney (Josh Brolin). Voilà, le trio improbable de chaque bon western est établi, et évidemment, les rôles du bon, de la brute et du truand s'interchangeront devant l'adversité, chacun ayant sa propre façon de faire face à son destin.
Les dialogues à l'humour noir et corrosif - une constante dans les films des frères Coen - et les images magnifiques et poétiques, toujours teintées d'une touche de froideur glaciale et d'une brume qui inspire à la fois crainte et courage, font de ce film une oeuvre véritablement originale. Et que dire de Jeff Bridges, qu'il nous fait plaisir de revoir chez les Coen, plus de 12 ans après le cultissime Big Lebowski? Sa présence est totalement enivrante, et l'acteur occupe entièrement l'écran, filmé de façon à magnifier son physique déjà imposant. Mais voilà, ce personnage grossier et violent se fait tout de même mener par le bout du nez par une petite fille manipulatrice et décidée. Évidemment, la petite prenant conscience de ce qu'il y a de plus laid et de lâche en ce bas monde, sa confiance à toute épreuve se transforera peu à peu en crainte et en peur, et son désir de vengeance deviendra plutôt une quête personnelle lui permettant de s'affranchir.
En fait, comme toujours, les frères Coen ont réussi à réinventer un genre cinématographique en parvenant à le déconstruire sans le dénaturer. En effet, il y a une véritable modernité dans l'image, la couleur, les dialogues, bien que tous ces éléments soient savamment étudiés et construits pour faire référence au passé.
Le film est le remake d'un film culte datant de 1969, mettant en vedette le fameux John Wayne. Il serait intéressant de le voir pour prendre conscience des changements apportés.
À voir!
lundi 4 juillet 2011
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