dimanche 7 novembre 2010

2 films à louer - The Trotsky et Rapt

Bon petit film que ce The Trotsky, réalisé par Jacob Tierney, qui joue habilement entre la comédie adulte et le film pour adolescents. Ce bizarre mélange des genres est probablement dû à la complexité du personnage principal, drôle d'énergumène, qui a une vieille âme enfermée dans un corps d'ado. Ce jeune homme, interprété par un Jay Baruchel vraiment attachant et crédible, se nomme Leon Bronstein mais croit dur comme fer qu'il est la réincarnation du célèbre révolutionnaire russe Leon Trotsky.

Se basant sur sa biographie, Leon est en effet convaincu qu'aux mêmes âges, il lui arrivera exactement la même chose qu'à Trotsky. Normalement, il tombera donc amoureux de sa première femme à 18 ans, une certaine Alex qui a neuf ans de plus que lui. Disons que la Alex en question ne sera pas trop tentée par ce personnage bizarroïde au départ. Mais les idées originales et révolutionnaires de Leon sauront en séduire plus d'un...

Bien sûr, Leon est en réaction contre son père et le directeur de son école. Et il tente de réinsérer les rejets dans les groupes 'in'. Voilà pour la partie film d'ado, avec une certaine découverte de la sexualité, mais surtout la découverte des idées et de la possibilité de se battre pour les défendre.

Et comme nous avons tous eu, un jour ou l'autre, envie de changer les choses et de renverser l'ordre établi, ce film ne peut faire autrement que d'être attachant, et de nous rappeler à quel point nous étions motivés, à une certaine période de notre vie.

Également, on y voit une autre facette de Montréal, plus anglophone, que nous, francophones, connaissons bien peu, et les références sur la dualité qui existe dans cette ville sont assez charmantes.

Un petit film sympa, honnête, à voir, entre autres, pour la performance de Jay Baruchel, qui est crédible jusque dans la démarche du personnage.


Un autre film que je vous conseille de louer, mais qui est disons d'un tout autre ordre, est Rapt, de Lucas Belvaux. Ce cinéaste ne fait habituellement pas dans la dentelle, ses films sont toujours assez crus, et celui-ci est dans la même lignée.
En fait, ici, le président d'une immense compagnie, le genre de celle qui dirige le monde, se fait enlever. Stan Graff, joué par un Yvan Attal bouleversant, même dans sa transformation physique, devient donc un otage maltraité et sous-alimenté pendant de longues semaines, car la rançon demandée tarde à être payée.

L'intérêt de ce film réside plus dans la réaction des proches de Graff. Homme sans histoire au départ, les détails de sa vie privée remontant tranquillement à la surface durant sa captivité, sa réputation s'entache peu à peu, et ses proches sont de moins en moins tentés de se donner pour le sauver...

En fait, à mesure que les scandales sortent dans les journaux, Graff devient un boulet pour sa famille, mais surtout pour sa compagnie. Il devient un indésirable, une honte. On s'aperçoit bien vite que personne n'est irremplaçable, et que ce qui prime, ce sont les intérêts financiers. Là est la réflexion à avoir par rapport à ce film. C'est la prise de conscience que finalement, l'être humain, même président, vaut au final bien peu de choses. Et il y en aura toujours plusieurs qui vous regarderont d'en bas pour vous voir mieux tomber de haut.
En fait, après sa libération, Graff continue d'être otage. Il est enfermé dans sa maison, se fait traiter comme un chien par sa famille et ses anciens confrères, et son arrogance et son individualisme qui l'ont mené au sommet n'impressionnent plus personne.

Ce film est étonnamment dérangeant. Très franchouillard, je dois l'admettre, et cela m'a agacée au début. Mais j'ai fini par embarquer, car le cinéaste ne fait pas de fioriture, nous balance en pleine face les contradictions relatives à notre époque, et cela dérange. Et on sent bien que jamais il ne juge pas son personnage qui, finalement, est seul du début à la fin. Ça m'a un peu fait penser à la solitude de Michael Corleone à la fin du Parrain. C'est tout dire...

"Modern Family" Trailer

Modern Family, vraiment très drôle!

Série hilarante que ce Modern Family, délicieux mélange de plusieurs styles qui ont fait leur preuve. Ce sont des épisodes de 22 minutes dans lesquels on suit trois familles, toutes reliées. D'abord, le père, Jay, qui a une soixantaine d'années et qui s'est remarié avec une magnifique colombienne (Sofia Vergara, très bonne) qui a 30 ans de moins que lui et un fils de 10 ans. Très intelligente et particulière, elle est loin du personnage un peu simplet auquel on aurait pu s'attendre. Et son fils, Manny, est un vieux sage qui réfléchis de façon disons particulière pour son âge.
Puis, il y a la fille de Jay, Claire, mariée à un énergumène (Ty Burrel, qui est également très drôle) et mère de trois enfants plus ou moins équilibrés. Puis, le fils de Jay, Mitchell, qui vient d'adopter une petite fille avec son chum Cameron, grand amateur de comédies musicales et un peu drama queen... Ces deux là sont loins d'être ennuyants!

Bref, une galerie de personnages hauts en couleur, que nous voyons évoluer (ou non) dans leur vie quotidienne, qui n'est pas de tout repos.
C'est vraiment très drôle. Je vous jure que vous ne serez pas déçus!!

Tourné, un peu comme The Office, à la manière d'un mockumentaire (les personnages s'adressent parfois à la caméra, savent qu'ils sont filmés), Modern Family est avant tout un portrait à la fois flatteur, moqueur et critique de la société américaine; toujours juste. Et cette façon de filmer met encore plus les contradictions des personnages au premier plan.
En fait, cette série est un constat de nos énormes travers, surtout en ce qui a trait à l'idée que nous nous faisons de la famille modèle. Mais aussi, nous pouvons constater ce que la reconfiguration de la famille moderne peut apporter de couleur et d'ouverture à l'autre.

Les acteurs sont brillants, et c'est très bien écrit. Voilà une sitcom originale et rafraichissante, qui fait du bien et qui vous changera les idées durant les froides soirées d'hiver. Vous m'en reparlerez!

New York Bis - meilleurs moments partie 3



Le lendemain, promenades dans Chelsea - je tiens à souligner que ma mère, que nous avions rebaptisée Maggie (longue histoire), vivait son expérience new-yorkaise disons à sa manière et qui nous a bien fait rire, est entrée dans l'hôtel Chelsea, a pris l'ascenseur et est allée se balader dans les chambres, sans savoir non seulement qu'il était interdit de le faire, mais aussi qu'elle réalisait le rêve de plusieurs en visitant cet hôtel mythique sans avoir à y payer une chambre. Mince consolation, elle m'a rapporté un savon...

Nous avons ensuite arpenté les rues de Greenwich, Soho, et avons passé un bon moment au Washington Square à regarder des danseurs de swing se laisser aller.
Puis, comme nous nous connaissions par la bande, nous sommes allés souper avec Johanne Corneau, peintre mieux connue sous le nom de Corno. Visiter son atelier et voir ses plus récentes oeuvres fut une bien belle expérience.
Enfin, le lendemain, nous sommes allés bruncher dans Williamsburg. Les new-yorkais sont fous des brunchs du dimanche, et toutes sortes de drinks pour se remettre de leur hangover sont de mise.

mercredi 3 novembre 2010

New York Bis - meilleurs moments partie 2



Durant notre périple, nous sommes allés au MoMa, j'y tenais. Le vendredi, c'est gratuit à partir de 4 heures, et nous croyions vraisemblablement être les seuls à disposer de cette information. Mais ô surprise, la file faisait le tour de trois blocs! N'écoutant que notre courage, nous avons attendu, et ça vaut vraiment le coup. Des Frida Kahlo, Monet, Picasso, Van Gogh, Warhol, Modigliani, la collection est impressionnante et l'endroit, rénové en 2004, est vraiment original. Le jardin intérieur, guetté par l'un des Balzac de Rodin, est également très sympa. On pourrait y passer des journées entières.

Autre coup de coeur: Eataly. Situé sur la 5th avenue, le magasin est ouvert depuis peu. Le créateur de cet endroit très épicurien est le chef Mario Batali (avec deux acolytes), drôle de personnage se promenant constamment en CROC couleur orange et en bermudas. Disons que la classe se trouve plutôt dans sa création... Il s'agit d'un énorme endroit, où tous les produits vendus sont italiens. Grand comme deux IGA, on se promène à travers les rangées de pâtes fraîches et de sauces aux tomates, 20 restos, des boucheries, cafés, fromagers, boulangeries, olives, sandwichs, c'est franchement impressionnant et décadant! Et très cool. On peut s'acheter un verre de vin en entrant, et arpenter les allées en discutant et en mangeant. Belle idée! Je vous conseille par contre d'attendre un peu, car pour l'instant, disons que comme pour le MoMa, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée d'y aller!


Nous sommes aussi retournés au resto Mà Peche, dont le chef David Chang des restos Momofuku impressionne vraiment, chaque fois. Mes parents ont adoré, du début à la fin. On nous a même payé un verre au bar car notre table était réservée! Disons qu'on préfère ça aux regards croches et aux airs bêtes! On en est sortis un petit brin affectés, et avons pris un taxi. La traversée du pont de Brooklyn la nuit après une journée comme ça, ça n'a pas de prix.